Que font-ils de nos milliards ? Signez la Pétition pour un audit indépendant de l'ANOCI et la transparence des finances publiques

Pétition pour un audit indépendant de l'ANOCI
Member Area

Parti socialiste - Socialisme et République Sénégal

Saturday
Sep 04th
ACCUEIL arrow VIE DU PARTI arrow Activités arrow ACCORDS DE PARTENARIAT ECONOMIQUE UE – ACP :vérités, approches doctrinales, enjeux des négociations Par Mamadou FAYE Secrétaire national aux questions économiques et à la bonne gouvernance Bureau politique du Parti socialiste
ACCORDS DE PARTENARIAT ECONOMIQUE UE – ACP :vérités, approches doctrinales, enjeux des négociations Par Mamadou FAYE Secrétaire national aux questions économiques et à la bonne gouvernance Bureau politique du Parti socialiste Votre email
28-06-2009
Index de l'article
ACCORDS DE PARTENARIAT ECONOMIQUE UE – ACP :vérités, approches doctrinales, enjeux des négociations Par Mamadou FAYE Secrétaire national aux questions économiques et à la bonne gouvernance Bureau politique du Parti socialiste
Page 2

ImageA . Chapitre préliminaire 

      Toute négociation pose en elle des approches doctrinales, des enjeux stratégiques, mais surtout des intérêts spécifiques. Aujourd’hui plus qu’hier les pays échangeront des biens et des services, mais aussi des personnes, des technologies et la science. La mondialisation est le concept à la mode, bien que le phénomène remonte à la nuit des temps, sous des formats réduits certes, mais avec le même contenu. 

      L’Accord de Partenariat Economique Union Européenne – Pays de l’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique s’inscrit forcément dans cette trajectoire historique, parce qu’il succédera à d’autres cadres de coopération. De mon point de vue, certains enjeux fondamentaux éclairent l’Accord de partenariat économique UE – ACP.


  1. a) D’abord, nous sommes bien dans un cadre multilatéral

   Les relations économiques internationales s’effectuent dans un contexte mondial d’ouverture des économies et des marchés. Le poids politique et économique des acteurs, l’effet de domination subséquent, les marges de négociation achèvent de convaincre sur le décalage des intérêts des parties et la capacité des uns et des autres à les prendre en charge dans le texte final. 

   L’échange est donc inégal (Rosa Luxembourg) et il convient, dans chaque cas de figure, pour chaque partie, de s’organiser pour exister, pour négocier autour de ses préoccupations. Si dans le cas des APE, le développement est l’objectif recherché par le groupe ACP, l’UE met le focus sur la croissance et les parts de marché. 

   Ensuite, la Zone de Libre Echange est toujours moins favorable à l’économie sous développée ou moins compétitive. Et aujourd’hui, l’échange international est fondé sur une logique néolibérale, plus précisément néoclassique, de l’économie, qui ne donne pas beaucoup d’espace aux économies émergentes qui ne produisent des produits stratégiques ou industrialisés et qui n’ont pas des coûts de production susceptibles d’assurer une grande compétitivité sur le marché international. La qualité, le temps de travail, le coût du capital, la technologie font la différence sur le marché. C’est la consécration de la formule célèbre de l’équilibre général des grandes écoles néoclassiques : 

        Y = C + I + X – M

   Y + M = C + I + X 

   S’il est absolument vrai que le commerce seul ne peut pas développer un pays, le problème de l’Afrique c’est la mauvaise ou la non prise en compte du I, c'est-à-dire de l’investissement du développement. 

   Y = revenu                                                           X = exportations

   C = consommation                                                M = importations

   I = investissement 

   A . b) Ensuite, il s’agit de négociations 

   Dans ce cas, c’est un accord qui est recherché et plus ou moins obtenu, à la plus ou moins grande satisfaction des parties. 

   Cela veut dire que l’absence de signature n’est pas en soi un problème dans une négociation. Elle est même souvent un élément déclencheur d’un accord amélioré ou recentré. 

   Pour l’APE/AO – UE, la non signature était déjà acquise à la fin du premier semestre de l’année 2007, eu égard aux points de désaccord (voir partie centrale de ce texte) existant entre les parties. 

   En l’occurrence, le débat a longtemps porté sur la double possibilité de signer un accord minimal avant le 31 décembre 2007 et d’engager des négociations complémentaires sur les points de désaccord tout en gérant, en relation avec l’Organisation Mondiale du Commerce, la phase intérimaire. 

   La politisation de l’APE répond dès lors à des préoccupations non avouées, surtout que la négociation continue. 

   A . c) Au demeurant, les africains doivent renforcer la politique d’intégration sous régionale et régionale 

   Il est admis largement sur le continent, qu’aucun accord commercial, avec un autre ensemble du monde, ne doit rompre la chaîne de l’intégration économique africaine. Le débat des APE illustre à suffisance que l’intégration, qui se renforce de jour en jour en Afrique, constitue la voie la plus crédible pour un développement réel et durable du continent. 

   A . d) En outre, le partenariat n’est pas neutre 

   L’Afrique y recherche le développement de son agriculture et de ses filières (coton, café, cacao, banane, arachide), l’émergence de son industrie et la viabilisation de ses marchés plus ou moins intégrés. 

   L’Europe déjà riche y voit une occasion d’accroître sa compétitivité par rapport à l’Asie, au Brésil et aux Etats-Unis d’Amérique. 

   L’APE doit assurer la synthèse de ces préoccupations, de ces intérêts spécifiques. Réduire les espaces non homogènes (PMA et non PMA, pays pétroliers ou non, pays à émergence avancée, pays à matières premières stratégiques etc…) à l’intérieur du continent doit constituer la préoccupation centrale de l’Afrique à la recherche de son unité. L’APE ne doit pas annihiler les efforts consentis dans les différentes parties de l’Afrique. 

   L’intérêt de l’Europe et des autres parties économiques du monde, c’est le développement de l’Afrique, continent à fortes potentialités mais dépourvu de technologies adéquates et encore très divisé économiquement et politiquement. 

   A . e) Enfin, si la préoccupation de l’Afrique reste son développement, dont l’insuffisante prise en compte explique le refus de signature de l’Accord à la date échue, il convient de reconnaître que l’APE seul ne produit pas le développement.  

   Des conditions internes sont à satisfaire pour assurer la présence qualitative de l’Afrique dans l’échange international et dans le cadre de l’économie mondiale. Nous en recensons quelques uns, à titre d’illustrations : 

  • la bonne gouvernance (une démocratie crédible, une gestion saine des finances publiques, une préservation de l’environnement sous toutes ses formes) ;
  • la réussite de l’intégration régionale (l’Afrique de l’Ouest doit pousser la CEDEAO, les infrastructures régionales doivent être édifiées, les mouvements de personnes et de biens acceptés et organisés, la monnaie régionale assise etc…) ;
  • l’ajustement des coûts des facteurs (terre, travail, accès au capital) pour élever la compétitivité africaine, développer l’industrie africaine à partir de ses potentialités et en direction du continent en priorité etc…. Ensemble concurrencé, l’Afrique sera un partenaire concurrentiel ;
  • les échanges inter-africains de ressources humaines, des services, des technologies dans des secteurs émergents comme l’eau, l’énergie, les télécommunications etc… ;
  • la mobilisation des ressources financières internes et externes importantes (comme cela fut pour le plan Marshall) pour s’attaquer aux grandes infrastructures industrielles et de communication (aéroports, routes, ports etc….).

B . L’Accord de Partenariat Economique UE – AO : ce qu’il faut retenir

 
Les quatre Conventions de Lomé signées entre l'Union européenne (UE) et les pays d'Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP) n'ont pas permis globalement d'atteindre les objectifs de développement économique, de diversification de la production et d'augmentation du commerce entre l'UE et les Etats ACP. En dépit du système de préférences non réciproques en faveur des produits originaires des ACP, la part du marché de ces derniers est passée de 6,7%, au lendemain de la signature de la première Convention de Lomé en 1975, à 2,8% en 1996.

L’Accord de Cotonou, signé le 23 juin 2000 entre l'UE et les ACP, établit un nouveau cadre de coopération commerciale qui remplace le régime actuel d'accès préférentiel unilatéral des ACP aux marchés européens, non conforme à la réglementation commerciale de l'Organisation Mondiale du Commerce (OMC), par des accords de partenariat économiques (APE), c'est-à-dire des accords de libre échange sur une base de réciprocité, entre l'UE et chacune des six régions ACP.

Le régime commercial actuel fonctionne sur la base d'une dérogation obtenue par l'UE en 1994, puis renouvelée en 2001 à la Conférence ministérielle de l'OMC à Doha (Qatar) et qui devait expirer en fin 2007. L'APE devait donc être mis en œuvre le 1er janvier 2008 au plus tard.

Dans la perspective des négociations régionales, la Conférence des Chefs d'Etat et de Gouvernement de la CEDEAO a adopté, le 31 janvier 2003 à Dakar, la Décision n° A/DEC.8/01/03 portant, entre autres, sur la structure régionale de négociation de la CEDEAO et sur les termes du mandat de négociation de la Communauté.

Cc texte crée le Comité Régional de Négociation de la CEDEAO qui donne mandat à la Commission de la CEDEAO en collaboration avec la Commission de l'UEMOA et les autorités compétentes de chaque Etat membre, de prendre toutes les dispositions nécessaires pour mener à bien la conclusion dudit accord. Il contient également les directives de négociation fixées par la Conférence des Chefs d'Etat et de Gouvernement.

Lors de la réunion de concertation des Ministres en charge du Commerce et de l'industrie tenue à Dakar en novembre 2006, il a été rappelé les actions entreprises au cours de la 1ère phase des négociations et quelques indications en termes de priorités pour la viabilité du processus de négociation.

La présente note vise à rendre compte de l'évolution du processus de négociations, depuis cette rencontre de Dakar. Elle s'articule autour des points suivants :

  • Etat des négociations entre l'Afrique de l'Ouest et l'Union Européenne ;

    -  Quelques raisons du retard constaté ;

    -  Options possibles pour le régime commercial transitoire post 2007 ;

    - Conclusions et recommandations.  

  •  
    1. ETAT DES NEGOCIATIONS ENTRE L'AFRIQUE DE L'OUEST ET L'UNION EUROPEENNE

    L’Etat des négociations au niveau régional porte sur les principaux résultats obtenus lors de la 1 ère phase des négociations et de l'avancement des activités prévues pour la 2ème phase.   

    1) Principales conclusions de la 1ère phase

La dernière réunion des Négociateurs en Chef tenue, le 05 février 2007 à Bruxelles a permis de finaliser la phase préparatoire des négociations par l'adoption de tous les rapports techniques produits durant cette phase. Les principaux résultats issus de cette étape préparatoire peuvent se décliner comme suit, en termes de convergence et de divergence.

1.1) Les points de convergence

- Adoption de la Feuille de route conjointe qui est le référentiel des négociations régionales et qui fixe le calendrier pour la conclusion de l'APE ;

- Adoption des rapports des cinq groupes techniques thématiques conjoints relatifs respectivement à la «Zone de libre échange, union douanière et facilitation des échanges»; «Normalisation, contrôle de qualité et services connexes, mesures SPS (Sanitaires et Phytosanitaires) et OTC (Obstacles Techniques au Commerce))» ; «Propriété intellectuelle»; «Commerce des services» et « rapport d'étape sur les secteurs de production» ;

- Adoption du rapport sur le cadre de référence de l'APE entre l'AO et l'UE Ce rapport établit la cohérence entre les principales questions liées à l'Accord en négociation et les objectifs de développement de la région ;

- Engagement mutuel dans le cadre du PIR 10e FED et des ressources complémentaires en provenance des Etats membres de l'Union européenne ainsi que d'autres bailleurs de fonds, à donner la priorité à la coopération au développement liée à l'APE. Les deux parties ont décidé de la création d'un Fonds régional APE pour assurer la coordination de tous les financements destinés à l'APE et faciliter l'accès des Etats à ces ressources. Ce fonds sera alimenté par la CE et les Etats membres de l'UE ;

    - Acceptation du compromis suivant lequel, la CE «contribuera significative ment à l'absorption de l'impact fiscal net de l'APE, en pleine complémentarité avec les réformes fiscales» et «appuiera les mesures d'accompagnement liées à la mise en œuvre des règles prévues dans l'accord» ;

    - Entente mutuelle sur l'importance pour le développement des sujets clés comme la concurrence, l'investissement et les marchés publics qui contribuent à attirer l'investissement et à accélérer la croissance. Cependant, la priorité sera donnée à la définition de règles régionales sur ces domaines, avec l'appui de l'UE;

    - Accord de principe sur l'accés au marché de l'UE le plus large possible des biens de l’AO, en tenant compte des intérêts spécifiques de l’AO ;

    - Accord de principe sur l'accés au marché' de services de l'UE, y compris le mode 4 relatif au mouvement transfrontalier des personnes;

    - Accord pour le démarrage de la seconde phase des négociations et de l'organisation à mettre en place pour la conduite des travaux de cette phase. à savoir, création de trois nouveaux groupes de négociation (rédaction du projet de texte de "Accord, secteurs de production, accès aux marchés, commerce des marchandises et des services) en remplacement des cinq groupes techniques de la phase 1 ;

- Accord sur les trois préalables à réaliser avant la signature de l'Accord :

  •  
    • définir conjointement les programmes d'accompagnement de l'APE et leur financement par la CE ;
    • formuler les calendriers d'accès au marché des deux parties ;
    • élaborer le texte de l'accord.

1.2) Les points de divergence

  • Sur les résultats et conclusions des études d'impact de l'APE réalisées tant au niveau national que régional
  •  

      Position AO :  la Région insiste sur la prise en compte par le partenaire européen des conclusions issues des études d'impact, en vue des engagements à prendre par rapport aux nombreux ajustements nécessaires révélés par les études;

  •  

      Position UE : la CE soutient que les méthodologies utilisées par les différents bureaux d'études pour réaliser les études ne sont pas fiables et ont pour conséquence de biaiser les conclusions.

  • Sur la prise en compte de la dimension développement dans les négociations de l'APE
  •  

      Position AO : la Région pense qu'il est indispensable que les deux parties se penchent, dans le cadre des négociations de l'APE, sur les mesures nécessaires pour la prise en charge des importants coûts d'ajustement liés à l'ouverture commerciale imposée par l'APE en négociation:

  •  

      Position UE : la CE estime que l'Accord de Cotonou a déjà réglé toutes les questions relatives aux préoccupations de développement des Etats ACP et d prévu en conséquence les outils appropriés à cet effet; et suivant cette conception, seuls les aspects de la coopération liés au commerce n'ont pas été réellement traités et doivent donc constituer la substance des négociations de l'APE.

  • Sur la mise en place de ressources additionnelles et suffisantes pour la prise en charge des coûts d'ajustements liés à la mise en œuvre de l'APE
  •  

      Position AO : la Région estime comme toutes les autres régions ACP que les ressources du FED sont insuffisantes pour la prise en charge de ces coûts, et demande en conséquence, des ressources additionnelles ou complémentaires; toutefois, lors de la réunion des négociateurs en chef un pas a été franchi avec le principe de la création d'un Fonds spécial d'ajustement APE ; le défi à relever maintenant est de veiller à ce que cc fonds ne soit pas alimenté uniquement par les ressources disponibles du FED.

  •  

      Position UE : la CE s'en tient exclusivement aux instruments traditionnels de financement de la coopération ACP-UE et notamment aux ressources du FED et celles provenant de ses Etats membres.  
       



 

Ajouter un Commentaire

Pour éviter les insultes et les attaques informatiques, ce forum est modéré à priori. Les commentaires n'apparaîtront qu'après validation par un administrateur du site.
Nous vous remerçions pour votre compréhension.


Code de sécurité
Rafraîchir

< Précédent   Suivant >
  • Advertisement
Advertisement


ADHEREZ AU PS

ADHEREZ AU PARTI SOCIALISTE

PETITION

Pétition ANOCI

>Signer la pétition

(447 signataires)
  • NDIAYE OUMAR (AGENT COMMERCIAL)
  • NDIAYE IBRAHIMA (CADRE LIBERAL)
  • DIOP Aïssatou (Etudiante)
  • BALDE Sayfoulaye (banquier)
  • SOW Papa Salif (gestionaire de ressources humaines)
  • FALL ELYMANEL (Cadre Comptable)
  • NDIAYE Issa (Consultant)
  • DIOP BECAYE (CHEF DE PROJET)
  • NDIONE Mamadou (étudiant)
  • MBENGUE Mamadou (Administrateur)

Dans la même rubrique

EVENEMENTS AUDIOS

start Player

SOUTENEZ CE SITE

Soutenez ce site en faisant un don via Paypal ou CB

TWITTER

Infos en direct
Gardez le contact sur Twitter
Site du Secrétaire Général du PS et site officiel du PS
Site du Secrétaire Général du PS et site officiel du PS

Sur les sites du PS

Hello, you either have JavaScript turned off or an old version of Macromedia's Flash Player. Get the latest flash player.

CITADICTONS

"Quand le messie viendra, guériront tous les malades et tous les infirmes, sauf les imbéciles, car ils ne voudront pas." - Proverbe juif

News Letter




Sur le forum


Plus...

Arbitraire

manifniasse.jpg

Optimisé pour firefox

Syndication

Espace membres






Mot de passe oublié ?

Recherche

Stats

Membres: 32
Publications: 580
Liens: 9
Visiteurs: 2303596

#poweredby { display:none; }