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VIDEO : Spéculation foncière et occupation illégale du domaine public maritime

Hotel immofront sur la corniche
Hotel immofront sur la corniche
Les résultats du rapport de l’Ong Aide Transparence, présentés en décembre 2008, font état d’un bradage du Domaine public maritime (Dpm) d’une valeur de 600 milliards de francs Cfa, dans la région de Dakar. Les images qui vous sont présentées dans cette vidéo permettent à chacun et particulièrement aux sénégalais qui n'habitent pas à Dakar et qui ne fréquentent pas le litoral de la presqu'île de se faire une idée précise de l'occupation illégale et dangereuse même à certains égards de la bande cotière maritime sur la région de Dakar.
Même la bande terrestre de sécurité de la zone aéroportuaire n'échappe pas à cette boulimie foncière des proches du régime en place. Des maisons construites à 50 m de la piste où atterissent et d'où décolent les avions, cela laisse perplexe et inquiets tout observateur censé. Le patrimoine national, la sécurité et le bien être des populations sacrifiés sur l'autel d'ambitions et d'appêtits financières.

La vidéo ci-dessous permettra sans aucun doute d'illustrer par l'image le rapport de Aid Transparency objet de l'article du journal le quotidien que nous vous reproduisons ici.

VIDEO exclusive :



Texte du Quotidien :

La floraison de lois n’y peut rien. La violation du domaine public maritime (Dmp) qui, selon les textes doit rester «inaliénable, imprescrible et insusceptible d’appropriation privée» continue à une vitesse exponentielle. Pour alerter l’opinion, l’Ong Aide Transparence a publié hier, une étude sur : «Les violations du Dpm dans la presqu’île du Cap-Vert et l’état de la gouvernance au Sénégal.» Les résultats de l’étude indiquent : «La valeur des terres du domaine public maritime bradées est estimée à 300 milliards de francs Cfa.» A cette somme, Jacques Habib Sy ajoute «les 300 milliards de francs Cfa avancés récemment, par le Syndicat des architectes sur la valeur des terrains situés sur le Dpm et cédés par l’Anoci aux entreprises étrangères».  «La somme totale qui pourrait paraître la plus proche de la réalité s’élève ainsi à plus de 600 milliards de francs Cfa soit presque l’équivalent de la moitié du budget annuel national», estime le directeur exécutif de Aide Transparence.

speculation_immo.jpgM. Sy, Pape Samba Kane journaliste et Pr Mamadou Aliou Diallo, chargé de cours de droit public à l’Université Cheikh Anta Diop, co-auteurs du rapport mentionnent qu’«à Ngor, il y a un terrain que le président de la République a attribué au Khalife général des Tidjanes. Mais, en réalité, la communauté ngoroise et les Layènes le réclament. Pour eux, ce terrain est un sanctuaire et devrait leur être restitué». A cela, le rapport ajoute «140 terrains faisant l’objet de litige sur la table des Mairies de Ouakam et Ngor, qui concernent le récent démembrement qui a été fait sur toute la superficie des Almadies».

Pis, souligne le document, «l’ancien domaine du Club Med a été bradé. Il a été cédé au franc symbolique, à savoir 200 francs Cfa le mètre carré». M. Sy et son équipe mentionnent qu’«à l’intérieur du Club, il y a une partie qui est revenue à l’Ambassade des Etats-Unis». L’étude note «environ 9 ha situés derrière le Méridien président qui auraient été remembrés et octroyés à la classe politique et à leur seul profit». D’ajouter qu’«un ministre d’Etat est accusé d’avoir construit illégalement une sorte de bunker sur l’île de Ngor». Par conséquent, informent les enquêteurs, la majorité des Ngorois se plaint beaucoup que des ministres du gouvernement actuel, d’anciens ministres, présidents de l’Assemblée nationale, aient jeté leur dévolu illégalement, sur beaucoup de terrains, à leur détriment.

Les enquêteurs constatent que «près de 2/3 des villas construites sur le Dpm sont achevées (souvent dans un temps record), malgré la gravité de la crise économique qui frappe le Sénégal. Cette donnée tiendrait à confirmer la thèse selon laquelle le blanchiment d’argent sale a trouvé dans la construction de certaines de ces villas de luxe un terrain de prédilection privilégié (…)».

LA REVISION DES
TEXTES EXIGEE

Le rapport n’a pas manqué également, d’épingler l’Anoci «plantée au cœur des décisions financières et politiques de l’Etat». «L’Anoci a été accusée par certaines entreprises parmi lesquelles Ejl de Bara Tall, d’avoir opéré, de manière absolument opaque, le partage des travaux qui devaient s’opérer dans le cadre de l’Oci», indique Jacques H. Sy, dénonçant «le non-respect du Code des marchés publics». «Là où certaines entreprises proposaient 20 milliards, 17 milliards de francs Cfa, Ejl a proposé 15 milliards de francs Cfa. Et malgré cela, la société de Bara Tall n’a pas gagné le marché», lit-on dans le document.
Les témoignages recueillis auprès des Btp parlent «d’arrangements, sous le dos des autres entreprises. Ce qui fait qu’il n’y a aucune transparence dans la manière dont les marchés publics sont conclu».

Le patron d’Aide Transparence, de dire ainsi, que «l’Autorité de régulation des marchés publics (Armp) ne peut pas jouer pleinement, son rôle». En effet, explique-t-il, «la présence au sein de l’Armp, de représentants de la Primature, de la Présidence de la République, du ministère des Finances, du Corps judiciaire, montre que le lien ombilical entre les structures étatiques et l’Armp, n’est pas rompu. Par conséquent, on ne peut pas s’attendre à une structure totalement indépendante». Raison pour laquelle, il avait présenté sa lettre de démission au chef de l’Etat.

L’étude conclut que «la violation récurrente du Dpm a de sérieuses conséquences sur la gestion du patrimoine domaniale public dans son ensemble». De l’avis des auteurs, «les textes de loi existent, sont parfois incomplets et exigent des révisions en profondeur de la Loi sur le domaine national ainsi que des différents codes supposés préserver les équilibres relatifs à l’aménagement du territoire et l’intégrité des ressources et de l’environnement». Selon eux, «l’expérience montre que ce sont les classes hégémoniques, politiciens et hommes d’affaires en tête, et les minorités étrangères qui violent la loi et empêchent toute la collectivité nationale présente et future d’accéder aux plages de la presqu’île du Cap-Vert et à ses ressources. Du point de vue des équilibres environnementaux, il y a des risques certains qui auront un effet d’entraînement sur la communauté lébou mais aussi sur les populations majoritairement jeunes de la région de Dakar, qui n’ont plus accès à des espaces vitaux de jeux, de loisirs et d’épanouissement».

Et à leurs yeux, «un débat national est rendu nécessaire par les dérives répétées et graves des gouvernements successifs dans la gestion du Dpm». «Il est temps d’agir et de s’organiser en conséquence avec un niveau d’efficacité qui transcende les querelles byzantines auxquelles nous ont habituées les classes hégémoniques sénégalaises toutes tendances confondues», lancent M. Sy et son équipe.

(source : Dialigué FAYE Lequotidien.sn)

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