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Etats financiers de l’ANOCI : L’accès aux comptes refusé au Forum civil Votre email
07-08-2007

ImageIl n’y a pas eu de difficultés, pour les membres du Conseil de surveillance de l’Anoci, de disposer des éléments relatifs à la conception du projet des travaux. Mais, pour l’accès aux comptes, c’est la croix et la bannière. C’est pourquoi, le Forum civil, représenté dans cette instance par Jean Charles Tall, durcit le ton et fixe un ultimatum. Au-delà de leur date butoir, les amis de Mouhamadou Mbodji jurent de quitter le Conseil de surveillance, si les comptes ne leur sont pas communiqués.

Pour une transparence aussi bien dans la conception de ses travaux bien que dans le contrôle des finances, un Conseil de surveillance avait été mis en place par l’Agence nationale pour l’organisation de la conférence islamique (Anoci). Mais, depuis son installation, le Conseil de surveillance éprouve des difficultés à accéder aux comptes de l’agence, dirigée par Karim Wade. La confidence est faite par le coordonnateur du Forum civil, Mouhamadou Mbodji, dont l’organisation siège au Conseil de surveillance.

M. Mbodji que nous avons joint au téléphone, hier, se désole que «le Forum civil n’ait aucun élément sur les comptes de l’Anoci». Cela, malgré maintes interpellations. Devant cette situation, M. Mbodji rapporte : «Le Forum civil a rappelé à l’Anoci qu’il était dans l’attente de l’ouverture des comptes. Les comptes comprennent les financements, leur utilisation et tout.» Mais, l’attente étant longue, «nous leur avons donné un rappel pour donner un dead-line afin de leur dire que si nous avons du retard par rapport à ces questions, nous serions obligés de le constater, quitte à quitter le Conseil de surveillance de l’Anoci». Cette position radicale exprimée par le Forum civile s’explique, selon son coordonnateur, par sa conviction : «Notre mandat, c’était d’exercer ce contrôle sur les travaux et sur l’argent. Si on ne peut pas le matérialiser, nous serons obligés de quitter l’Anoci. Le Forum est indépendant et, nous sommes capables d’évaluer et de quitter. On ne discute pas de ces questions.» Et de rabâcher : «L’enjeu est qu’on nous a mis dans le Conseil de surveillance pour qu’on regarde les comptes et nous allons voir s’ils (les responsables de l’Anoci) vont aller jusqu’au bout. Nous serons accompagnés par des experts dans ce travail. On a un dead-line, si on n’a pas tout, on part.»

Quid de la date limite fixée par le Forum civil ? Mouhamadou Mbodji se garde de l’évoquer pour, argumente-t-il, «ne pas donner à faire penser à un chantage». Mais, il jure que la dernière demande des comptes adressée à l’Anoci sera l’ultime. «Si cette demande n’est pas satisfaite, nous en tirerons toutes les conséquences», avertit-il.

Toutefois, il se réjouit de la lettre que l’Anoci leur a adressée, «il y a deux à trois semaines, pour nous dire qu’on allait mettre à notre disposition tous les éléments liés à ces comptes». Selon M. Mbodji, les demandes d’éléments relatifs à la conception du projet ont été satisfaites. «Les gens sont en train de fureter tout cela et nous allons être plus critiques. Mais, nous ne nous limitons pas aux critiques, nous allons formuler des recommandations», prévient-il.

La mise en place de ce Conseil de surveillance des activités de l’Anoci s’explique par les difficultés, pour les corps de contrôle de l’Etat, de produire un travail crédible, sans soupçons. Mouhamadou Mbodji explique les raisons : «Karim Wade étant le fils du Président, il serait difficile qu’on le soumette au contrôle de l’Inspection générale d’Etat. Les gens auraient dit qu’il s’agit d’une inspection de complaisance, même si ce n’est pas le cas.» Il s’y ajoute : «Tant que l’exercice n’est pas bouclé, la Cour des comptes ne pouvait pas intervenir. Pour ces raisons, on ne pouvait pas rester pendant deux ou trois ans sans qu’il n’y ait aucun contrôle sur des travaux qui vont mobiliser beaucoup de milliards. A notre niveau, nous avons dit qu’il nous faut exercer le contrôle citoyen.»

Sur la production d’un rapport sur les chantiers par le Syndicat des architectes (Synas), M. Mbodji raisonne, «le Forum civil avait fait noter, au sein du Conseil de surveillance, un certain nombre de distorsions au niveau des travaux et nous n’avions pas manqué de les soulever. L’Ordre des architectes a fait le même constat et produit un document pour faire les mêmes remarques. Il y avait une sorte de convergence sur les mêmes critiques et le Syndicat des architectes a fait le même travail. Ce qui avait occasionné la réunion de tous ces gens. L’Anoci a fait preuve de bonne foi en reconnaissant ses erreurs. Il fallait poursuivre cette logique jusqu’à se rendre compte que l’Anoci n’est pas sincère. L’Anoci a reconnu ses erreurs et a accepté de corriger».


Ndiaga NDIAYE  (Le quotidien)

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résistons
deuglaverité 2007-08-07 13:02:48

FILIGRANE - Morveuse, l’Anoci se mouche


L’Agence nationale pour
l’organisation de la conférence islamique (Anoci) se montre très susceptible,
lorsque des sujets de compétence technique sont soulevés en rapport avec les
travaux lourds qu’elle est en train d’exécuter sur la Corniche et la Vdn. Une
telle susceptibilité démontre une réelle fébrilité et ouvre la boîte des
soupçons et des interrogations. De toute évidence, les griefs du Syndicat des
architectes du Sénégal (Synas) ont touché le cœur de cible qu’est la qualité
desdits travaux. Si des professionnels du milieu n’alertent pas sur les
manquements techniques graves survenus dans les chantiers, qui le fera à leur
place ? Des fonctionnaires, des techniciens-complice s, des marchands
d’illusions payés à la tâche ou des mercenaires de l’approbation tacite ?

En
vérité, les grandes lignes du rapport des architectes syndiqués sont une redite
de taille. Car, mille fois, la précipitation et l’impréparation ayant présidé au
lancement des travaux, ont été plusieurs fois dénoncées, entre ces lignes ou
ailleurs, par des experts sans attache partisane. Les Cahiers du Forum civil
intitulés «Bonne gouvernance et refondation de l’Etat» ont, d’ailleurs,
largement fait état de cette nouvelle pathologie dénommée «L’urgence
permanente». On voulait vaille que vaille faire coïncider l’achèvement des
infrastructures de l’Anoci avec la tenue du Sommet de l’Organisation de la
Conférence islamique sans tenir compte des impératifs architecturaux, on voulait
relier coûte que coûte des nécessités techniques à des desseins politiques. Cela
n’a pas marché, car même si les projets aboutissent, les séquelles de leur
mauvaise exécution n’en seront que plus visibles. Alors, pour limiter les
dégâts, l’Anoci a besoin d’être humble au lieu de parasiter le vrai débat
technico-technique dans des considérations totalement subjectives dont l’argent
des contribuables n’a que faire.

Momar DIENG (lequotidien)
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