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LEGISLATIVES ET LOCALES : Pourquoi la Participation de l’Opposition est d’Avance vouée à l’Echec ? Votre email
02-05-2007
 

fichier_electoral.jpgI- INTRODUCTION

La correspondance en date du 2 Avril 2007, que les parties de l’opposition ont fait parvenir au Chef de l’Etat, Me Abdoulaye WADE, fait état d’incohérences dans le fichier électoral, de malversations et de fraudes lors du scrutin pour l’élection présidentielle de février 2007. Elle y déplore également, le manque de rigueur et la complaisance des membres de la CENA tout au long du processus électoral.

Par rapport à la CENA on peut lire : « Elle n’a pas exploité l’exemplaire des récépissés d’inscription …. qui aurait pu être confronté avec celui du Ministère de l’Intérieur ». « Par ailleurs, leur refus de procéder à une confrontation des signatures … a ôté à l’opposition toute possibilité de confirmer les indices concordants et crédibles de rétention de cartes … etc. »

S’agissant du nombre d’inscrits, on peut relever : « …après la clôture officielle des inscriptions, indiquait un électorat de 4 676 998 inscrits alors que l’électorat qui est pris en compte lors de l’Audit du fichier et lors des élections du 25 février 2007 est de 4 917 157soit un surplus d’inscrits de 240 159. »

« Malgré tout cela vous continuez à affirmer qu’il y a 365 994 cartes non distribuées confortant ainsi que le nombre d’électeurs inscrits est de 4924049 … etc. » En résumé, le surplus d’électeurs inscrits sur la base des données fournies ci-dessus varie entre 5 et 8% sur tout le territoire national. Mais le cas du département de Tivaouane est encore beaucoup plus préoccupant.

II- LES MANIPULATIONS PERNICIEUSES ET LES RAJOUTS OPERES SUR LE FICHIER ELECTORAL DANS LE DEPARTEMENT DE TIVAOUANE. (Voir tableau annexé en page 4)

Dans le département de Tivaouane seulement, on dénombre un surplus de 40 264 électeurs inscrits représentant 34% de l’électorat départemental, ce qui dépasse de loin ce dont l’opposition fait cas au niveau national. De 118 455 cartes produites on est passé à 150 719 électeurs officiellement inscrits dans le département pendant le scrutin présidentiel de février 2007. Par ailleurs, et c’est cela le plus machiavélique, l’électorat urbain (Tivaouane, Mboro et Meckhe) qui représentait 56% des électeurs inscrits du département au vu des cartes produites après la clôture des inscriptions, a par la suite été rendu minoritaire avec 29% d’électeurs inscrits après la ventilation du surplus que l’on peut dénommer « stock d’appoint », dans les localités situées dans la zone rurale exclusivement. En d’autres termes l’enjeu électoral a été déplacé des villes vers les zones rurales du département notamment dans les arrondissements de Méouane, Pambal et Merina Dakhar, par ordre décroissant du nombre d’électeurs disponibilisées ou de cartes prêtes à servir. Dès lors, les localités de la zone rurale avec 71% de l’électorat du département, sont ainsi devenues l’enjeu le plus déterminant de toute élection, a fortiori lors des législatives déjà programmées, sur la base du même fichier électoral. En effet, s’il est connu de tous que c’est en milieu rural que l’on observe plus d’opacité en matière de scrutin et où s’opère l’essentiel des fraudes électorales, on comprend mieux pourquoi les ajustements judicieusement opérés sont loin d’être innocentes. En tout cas, tant que ces incohérences ne seront pas élucidées pour apporter les garanties de transparence nécessaire à un scrutin démocratique, nous pensons que l’opposition n’a d’autre recours que le boycott aussi longtemps que le fichier électoral ne sera pas audité. Malheureusement, le verrouillage ainsi perpétré dans tout le fichier électoral restera propice à toutes sortes de fraudes au profit du Pouvoir et ceci jusqu’au-delà de l’an 2012.

III- LES FAITS DEVOILES CONCERNANT LE DEGRE DE PARTIALITE DE LA CENA ET LES PRESOMPTIONS DE FRAUDES AU COURS DE L’ELECTION PRESIDENTIELLE DE FEVRIER 2007

1- Les Fraudes divulguées

Un marabout bien connu a déjà exprimé une accusation très grave de fraude électorale du parti au pouvoir, non démentie, à ce que je sache. Au cours d’une cérémonie officielle publique, il a affirmé avec toutes les précisions d’usage, que certains de ses talibés qui ont infiltré le PDS se sont retrouvés détenteurs de quatre (04) cartes d’électeurs chacun, avec la possibilité de voter dans quatre (04) bureaux différents.

Si ces multiples votes sont avérés, ils constituent un exemple patent d’utilisation du surplus de cartes d’électeurs ou « stock d’appoint ».

2- Les rumeurs de l’existence d’une seconde liste d’électeurs à la disposition exclusive des représentants de la CENA dans les bureaux de vote Dans chaque bureau de vote, l’électeur qui a accompli son devoir de citoyen devait apposer sa signature en face de son nom. Il semble que le Représentant de la CENA dans ces bureaux disposait lui aussi d’une copie sur laquelle il s’est contenté de mettre une croix devant le nom de chaque personne qui a voté.

Nous pensons que les citoyens de ce pays devraient être édifiés sur la conformité avec la loi électorale de l’existence de cette double liste. A quoi a-t-elle servi ? Son contenu était-il identique à celui mis à la disposition du président du bureau de vote ?

3- La complaisance décriée des membres de la CENA vis-à-vis du Pouvoir dans leur responsabilité de contrôle du processus électoral.

S’agissant toujours des membres de la CENA, le Peuple Sénégalais a droit à une information complète officielle sur la durée de leur contrat, leur nombre et les montants respectifs de leurs rémunérations.

Est-il exact qu’ils bénéficient chacun d’un contrat permanent d’une durée de 5 ans, pour une période allant de 2007 à 2012 ?

Il semble que tous les membres de la CENA, soit onze (11) personnes, au niveau national perçoivent 1 200 000 FCFA/mois pour le président, 600000 FCFA/mois pour les dix (10) autres, plus véhicule, chauffeur et carburant. Au niveau de chaque département, ils seraient deux (02) avec des salaires de 225 000 FCFA/mois, plus véhicule, chauffeur et carburant pour le président et 200000 FCFA /mois pour le secrétaire ; trois autres contractuels se contenteraient d’une rétribution de 150 000 FCFA/mois pendant la durée du processus électoral seulement.

Il faut préciser que la plupart de ces membres de la CENA sont des personnes en retraite qui bénéficient de ces rémunérations en plus de leurs pensions ou autres revenus.

C’est sans doute leur chance mais la véracité de ces informations nous édifierait mieux sur les raisons de leur laxisme et de leur complaisance à l’endroit de l’Autorité et qui sont fortement dénoncés dans la correspondance envoyée au Président de la République par l’Opposition.

Il faut enfin souligner que la pertinence des constats faits au cours de cette analyse sur la base des cartes produites répertoriées après la clôture des inscriptions (118455 pour le département.

Last but not least, les investigations et l’examen des hypothèses qui ont déterminé la clé de répartition du surplus entre les quatre arrondissements de la zone rurale, nous ont révélé une discrimination négative de celui de l’arrondissement Niakhene comparativement à ceux de Meouane et de Pambal. Les informations reçues par la suite nous apprennent des partis de l’opposition étaient bien représentées de certains et que les communes de Tivaouane et Meckhe aussi suscitaient crainte et méfiance de la part des organisateurs de ces machinations.

En fin d’analyse les questions que l’on doit se poser sont les suivantes : A quelle fin ce surplus de cartes ou d’électeurs inscrits a-t-il été constitué ? Le surplus a-t-il été utilisé ailleurs que dans le département de Tivaouane ? A quel étape du processus électoral la nécessité de constituer ces stocks d’appoint de cartes ou d’électeurs a été prise en considération. Combien de départements ont été programmés pour la pratique de telles manœuvres ? Dans quelle proportion ? Et à quelle étendue ? Un programme informatique a-t-il été conçu pour opérationnaliser la stratégie.

IV- CONCLUSION

L’existence d’un surplus de plus de 40.000’électeurs inscrits ou « stock d’appoint » de cartes d’électeurs, équivalant au tiers de l’électorat du département de Tivaouane et les motifs qui ont sous - tendu sa clé de répartition dans les localités urbaines et rurales, ne provient pas d’une invention de l’esprit. Il s’agit d’une réalité que l’on peut observer sur des documents officiels de l’élection présidentielle de février 2007. Ainsi la répartition des effectifs d’inscrits dans les communes et les arrondissements est nettement à l’avantage du parti au pouvoir. Elle lui garantit une majorité confortable avec un stock aussi important de cartes d’électeurs lors d’élections législatives où, avec une seule voix de majorité, on rafle tous les postes de député à pourvoir sur la liste départementale. Les mêmes causes produisant les mêmes effets, il y a lieu de craindre que le dispositif qui prévaut actuellement au niveau du fichier électoral dans le département de Tivaouane soit maintenu intact jusqu’à l’an 2012 ; cela aboutirait à une succession bien assurée quel que puisse être le candidat présenté par le Parti qui sera au Pouvoir. C’est donc grave et très grave puisque le régime va tout droit à la rencontre des prophéties du Colonel Mouammar Ghadafi qui souhaite que notre République devienne une monarchie.

En effet, les preuves d’une manipulation consciente du fichier électoral départemental pour atteindre des objectifs précis, visibles et mesurables, ont été décrites en toute impartialité. Elles viennent ainsi consolider le bien - fondé des inquiétudes et des contestations exprimées par les partis de l’opposition dans la correspondance qu’ils ont envoyée au Président de la république le 2 avril 2007. Devant le refus du Président de la République de répondre favorablement à leur appel au dialogue, sans condition préalable, il ne leur restait donc qu’une seule issue, celle de la dignité, du courage et de la responsabilité, qui consistait à prendre la décision du boycott des Elections Législatives du 3 juin 2007. Il s’agit là d’un acte patriotique de haute portée morale pour sensibiliser les générations présentes et futures et attirer l’attention de la Communauté Internationale, sur de graves dérives anti-démocratiques susceptibles de mettre en péril la paix sociale et la stabilité du pays. Le Chef de l’Etat est sans doute de bonne foi lorsqu’il déclare que le processus électoral et le scrutin du 25 février 2007 se sont déroulés dans des conditions satisfaisantes ; il ne peut que se fier aux rapports et informations provenant de ses proches collaborateurs. Mais eu égard à son statut de Président de Tous les Sénégalais en cas de contestations post-électorales aussi fondées, ce Devoir lui recommande de mettre sur pied dans les meilleurs délais une commission d’enquête indépendante. Cette commission aura pour tache d’élucider toutes les accusations d’incohérences dans le fichier électoral et de non respect du code électoral et de proposer des solutions pour y remédier, le cas échant, avant la tenue des élections législatives.

En attendant, il ne nous reste qu’à prier pour que le Président WADE échappe à l’emprise des troubadours qui ne cessent de chanter ses louanges en s’empiffrant de millions de francs CFA au creux de sa main ; les Sénégalais se souviennent que ce sont ces mêmes transhumants - troubadours ou « revenants » qui autour du Président DIOUF, rivalisaient, comme aujourd’hui, d’insolence et de propos mensongers, pour combattre avec la même hargne les Chefs de parti politique qui composaient l’ancien Front pour l’Alternance (FAL) avant mars 2000.

Ils n’avaient rien négligé pour empêcher la survenue de l’Alternance et l’élection de l’actuel Chef de l’Etat, pour ensuite toute honte bue, débarquer avec armes et bagages dans sa cour. Pour la sauvegarde de sinécures et d’intérêts matériels égoïstes, ils deviennent inconscients des dangers qui pourraient menacer la paix et la stabilité du pays.

Abdoukarim DIOP

Responsable Politique à Tivaouane
(Source : Sud quotidien)

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