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Ce n’est pas en effet un Ministère mais plusieurs qui ont été confiés à Karim Wade fils de son père Abdoulaye qui, ce faisant, a récompensé son fils d’avoir été humilié lors des dernières élections locales. Récompense aussi pour l’incompétence notoire dont a fait preuve Karim Wade dans la gestion de l’organisation de la Conférence Islamique à travers sa nébuleuse l’ANOCI dont il refuse toujours l’audit. Tout au plus a t-il daigné se présenter devant une mini commission parlementaire restreinte composée par des applaudisseurs à la solde du clan Wade. Après avoir dilapidé pas moins de 400 milliards dans des travaux inachevés, mal conçus et mal exécutés, l’apprenti ingénieur financier n’ose même pas justifier de son bilan devant l’assemblée nationale, donc devant le peuple qui appelle de ses vœux un audit indépendant à même de faire la lumière sur la gestion du plus gros chantier d’infrastructures au Sénégal.
Comment ose t-on confier à quelqu’un qui a été incapable de mener à bien l’organisation du sommet de l’OCI malgré tous les moyens financiers, matériels et diplomatiques à sa disposition autant de fonctions aussi éminemment liées au développement du pays ? C’est tout simplement la preuve que Abdoulaye Wade n’a aucune considération pour les Sénégalais qu’il prend pour des moutons.
Pour moins que le centième des bêtises commises par les Wades, le Président Malgache a été chassé du pouvoir (il a touché des pots de vin lors d’un achat de terrains par des asiatiques). Pendant ce temps les sénégalais subissent impassibles et stoïques les dérives du régime du clan Wade. Jusqu’à quand ?
En attendant, nous ne nous arrêterons pas de dénoncer la mal gouvernance inégalée des Wades avec certains intellectuels engagés comme Souleymane Jules Diop dont nous reproduisons entièrement une de ces chroniques consacrée au plus grand scandale connu commis par Karim Wade : l’ANOCI. Cet article est accompagné de quelques documents qui ne montrent que très partiellement la portée des dégâts financiers causés par cette agence dans les finances publiques sénégalaises. Tout çà pour que Wade succède à Wade. On verra...
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Chronique - Saint Karim, fils de «Dieu»
Souleymane Jules Diop Jeudi 18 Juin 2009
« La seule liberté de l’homme,
c’est de tenir la voile tendue
ou de choir, lassé »
Abbé PIERRE
Le grand culte se nourrit des petits. Dans la fratrie wadienne,
Karim a ceux qui l’adorent, se prosternent devant sa stature «
exceptionnelle ». Quand il convoque une réunion, son monde se précipite
pour lui servir un flot d’applaudissements viscéral et ordonné. Quand
il entre en salle, tout le monde monte les pommettes pour improviser un
sourire digne de sa condition d’héritier. L’objet de cette attention va
ensuite s’asseoir, veillé par un peuple de larbins qui ne le quittent
jamais du regard. Ils gardent leur lobe intact jusqu’à ce qu’ils soient
assurés que celui qu’ils ont devant eux est bien le même, le fils
d’Abdoulaye Wade. Cette servilité ne manque pas de motifs. Il les gâte
en services rendus, en utiles arrangements et en retour, ils tremblent
devant lui pour leurs fauteuils. Salubre inquiétude !
Avec un zèle
maniaque, les « concrétistes » ont fait la dernière preuve de leur
génie courtisan. Ils assurent qu’au lieu de nous plaindre, nous
devrions plutôt bénir sa « sainteté », qui nous apporte « la lumière ».
Tout le monde en est ébloui. Même le volubile Alioune Tine, si souvent
intraitable avec les petits dictateurs africains, trouve la gestion de
l’Anoci « transparente ». Je trouve pour ma part que la dernière
réunion du Conseil de surveillance de l’Anoci relève d’une médiocre
mise en scène qui n’honore pas ceux qui y étaient présents au nom de la
société civile. Avec tout son culot, qui tend à devenir une marque de
piété filiale, le fils d’Abdoulaye Wade a décrété que son agence ne
répondra que de la gestion de son budget de fonctionnement. C’est à mon
avis manquer d’honneur et de parole, puisqu’il y a un an, il s’était
engagé de se rendre au Sénat et à l’Assemblée nationale pour
s’expliquer sur la destination des 432 milliards de francs Cfa alloués
à son agence. Il en laisse le soin au ministre des Finances !
La
preuve s’il en est qu’en dehors de sa fortune, Karim Meissa –pour
nommer le fils de Dieu de son vrai nom- n’a rien au-dessus du vulgaire
des hommes. N’importe qui aurait été couvert de honte. Mais qu’il nous
donne le détail du Budget de fonctionnement de l’Anoci. 16 milliards en
trois ans, c’est trop pour qu’on ne s’en occupe pas. Un tel montant est
à lui tout seul un scandale. Qu’il en dévoile donc le détail. Nous
saurons ce que celui qui s’est « sacrifié pour son pays » a coûté au
pauvre contribuable. L’Anoci occupait le 1er, le 3ème et le 10ème étage
de l’immeuble Tamarro. Je rappelle que pour l’aménagement de ses
bureaux au 10ème étage de cet immeuble neuf, Karim Wade a dépensé 704
millions de francs Cfa. Si l’on considère le coût d’une construction
grand standing à Dakar, il y avait de quoi construire 2816 m2, soit un
immeuble de 14 étages clés en main. Ses sbires ont pensé qu’il n’y en a
jamais assez pour le culte de leur Dieu. On voit d’ailleurs, bien placé
dans les cahiers de l’Anoci, un montant d’un milliard 400 millions de
francs Cfa dépensé pour le pèlerinage de 1400 pieux militants. Mais
s’ils font preuve de tant de piété, Karim et ses ouailles n’en oublient
pas l’amusement. Un spectacle sons et lumières a coûté la « modique »
somme de 320 millions 353 mille francs Cfa, assuré par « Gep
productions ». Un spectacle « sons et lumières » dans un sommet
islamique ! On peut même voir, parmi ces dépenses pour le moins
surprenantes, la décoration d’une tente présidentielle pour un montant
502 millions 625 mille francs Cfa, marché octroyé à une inconnue, la
société, « Publicis live ». Vous me direz que tout ceci est choquant.
Tenez bien les bras de votre siège.
A quelques mois du sommet, l’Anoci a procédé à la construction de
villas présidentielles, pour un montant total, figurez-vous, de 26
milliards de francs Cfa. Ca fait tomber à la renverse. Mais c’est
d’autant plus scandaleux qu’au même moment, la kariminelle engageait la
réfection de l’hôtel Méridien pour un montant de 10 milliards et
réservait des chambres d’hôtel à Mbour pour un total de 2 milliards 500
millions de francs Cfa, des maisons pour 2 milliards de francs Cfa. On
croirait la folie terminée. Mais non. Comme pour pousser le
je-m’en-foutisme aussi loin que possible, l’Anoci loue un bateau de
croisière avec casino et salle de jeu au nom évocateur, la Muzica ! 6
milliards de francs Cfa en deux jours. Pour 2000 places, il n’y aura
que 250 d’occupées, les monarques arabes ayant refusé, pour une fois,
de fréquenter la maison du diable.
Les villas présidentielles, les
villas louées et les suites hôtelières seront désespérément vides. Mais
puisque le fils de Dieu voit toujours grand, il a doter son pays
d’infrastructures hôtelières nouvelles générations, celles qui n’ont
jamais existé chez nous, comme il l’a vaillamment expliqué au cours
d’une émission télévisée avec « Mamoudou ». Pour cela, l’Anoci octroie
gratuitement, par le truchement de la direction des Domaines, des
milliers de kilomètres carrés à des privés. Baobab Investments
International obtient 50 000 m2 aux Mamelles et au Cap Manuel, soit une
valeur estimée à 12,5 milliards de francs Cfa. Le complexe Al Kharafi
260 000 m2, soit 65 milliards de francs Cfa ; le complexe Sea Plaza du
groupe Teylium 50 000 m2, pour une valeur du terrain estimée à 12
milliards 500 millions Cfa. Le groupe Terrou Bi obtient 30 000 m2, soit
7 milliards 500 millions Cfa. Tout ceci est bien scandaleux. Mais le
plus renversant c’est qu’à la fin du sommet, aucun de ces « 5 étoiles
nouvelle génération » n’est prêt. Oui, les routes du seigneur, mes
chers, sont insondables.
Pour que les monarques arabes se sentent
bien chez eux, des dizaines de cocotiers ont été plantés tout le long
de la Corniche, pour un montant d’un milliard 400 millions de francs
Cfa. La « décoration » a été confiée à une société à l’appellation
mystérieuse, « Ardo Wadabé ». La construction des routes, elle-même,
est un défi insurmontable pour le bon sens. La route
Patte-d’Oie-Aéroport de Dakar, longue de 7 km, a coûté 17,5 milliards
de francs Cfa ; l’extension-aménagement de la Vdn-cices-Bourguiba,
longue de 6 km, 19,5 milliards de francs Cfa. L’éclairage a coûté plus
de 3 milliards, la facture payée par la municipalité de Dakar, comme la
plupart des factures ont été payées par les différents ministères comme
les Forces armées et l’Urbanisme. C’est la cause première de ce
qu’Abdoulaye Wade a appelé « dépassement budgétaire » et qu’il impute
injustement à ses ministres, quand c’est son fils qui agissait au gré
de son caprice. Même le ministère des Finances, qui devait montrer
l’exemple en matière d’orthodoxie, a financé de son budget 50 Mercedes
S 350 pour un montant de 3,9 milliards de francs Cfa.
La VCN de
Thiès, longue de 10,5 km, a coûté 6,8 milliards de francs Cfa. Les
experts de l’Ige avaient estimé qu’une route longue de 10 km ne pouvait
pas coûter plus de 3,5 milliards de francs Cfa. Idrissa Seck et Bara
Tall ont été jetés en prison sur la base de ce rapport. Quand on y
ajoute les décorations et les éclairages, la première partie de la
Corniche, longue de 6 km, a coûté 40 milliards de francs Cfa. N’importe
qui aurait été jeté dans le fond d’une cellule après de telles
extravagances. Mais qui ose penser à une telle folie ? On ne met pas le
fils de Dieu en prison, me direz-vous. Mais les peuples les peuples se
lassent de tout, même de leurs plus grands bienfaiteurs. Un jour, le
nôtre se lassera de ce diable qui se prend pour Dieu, et il le chassera.
Souleymane JULES DIOP
PIECES JOINTES : Documents
ANOCI Marchés sur fonds publics non exhaustifs
Senegal Letter of Intent June 5 2009
ANOCI Stats 2008 trim1
ANOCI Stats 2008 trim 2
Tableau recap des marches de l'ANOCI
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