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Les retrouvailles de Abdoulaye Wade et de Idrissa Seck ou Ali Baba qui retrouve le 1er des 40 voleurs Votre email
04-11-2009

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Le deal ne se fera pas sur le dos des sénégalais
Quel risible et triste spectacle que ces prétendus retrouvailles de Cheytan Wade et Ibliss Seck. Les déclarations faites par l'un et l'autre dans une ville cernée par les forces de l'ordre, ville dont les travaux d'embellissement avaient valu à Idrissa Seck des mois de prison, sont la preuve si besoin en était, encore une fois, du peu de respect que ces deux personnes portent pour les sénégalais. Mais nous n'avons pas la mémoire courte. Les deux compères et complices ont des comptes à rendre aux sénegalais qui les attendent au tournant. Car il ne faut pas oublier les déclarations de ces deux larrons chacun accusant l'autre de tous les maux. Les ont-ils oubliées ? Nous non ! et nous les leur rappelons :

 

Ce que Wade disait de Idrissa Seck :

A propos des chantiers de Thiès : « Vous dites à quelqu’un de prendre de l’argent et de vous acheter telle chose pour 2 000 francs à la boutique. Il revient vous dire qu’il a pris 10 000 francs, vous êtes en droit de lui demander ce qu’il a fait des 8 000 francs », avait déclaré le Chef de l’État le 13 juillet 2005 au cours d’une cérémonie organisée au Cices.

Toujours à propos de Iblisse Seck, à L’Express Me Wade déclarait : "Je me suis trompé sur lui et il m’a trahi. Il est tout à fait exclu que nous continuions à coexister dans le parti. Quand vous réchappez à la morsure d’un serpent venimeux, vous ne l’hébergez plus chez vous".

Après sa réélection frauduleuse en 2007, Wade déclara à l'endroit du même bonhomme : "Nous étions dans une sorte de jeu d’échec à distance. Il m’a demandé à sortir de prison. Je lui ai demandé de rapporter l’argent qu’il avait pris. Et il s’est engagé à rembourser l’argent qu’il avait pris. En tout état de cause, ce n’est pas Idy. J’ai rompu définitivement avec lui. Nous nous retrouverons devant Dieu, le jour du jugement dernier. Mon successeur, ce ne sera pas lui, il faut qu’il le comprenne".

Ce que Idrissa seck disait récemment de Abdoulaye Wade son "pére" et "maître" :

Le samedi 23 septembre 2006, il a adressé une « lettre à tous les Sénégalaises ». Il disait : «  l’Histoire enseigne (…) que le destin personnel des hommes, même d’Etat, est une insignifiance au regard des intérêts supérieurs d’une Nation. Lesquels commandent aujourd’hui que soient corrigées les insuffisances notées sur le pouvoir de Wade. Qui pourrait mieux le faire que celui qui en connaît l’envers et le revers. Être grand, c’est soutenir une grande querelle. Pas une petite où des individus s’entredéchirent, une grande au sujet de la conduite d’une Nation. Il m’aurait suffi de dire oui à tout, de n’exprimer aucun désaccord, ni sur le projet de loi Ezzan, ni sur la place de la famille dans l’Etat, ni sur les délais irréalistes des nombreuses promesses présidentielles, pour conserver tous les privilèges attachés à ma position d’alors, de quasi-président de la République ; et l’idylle d’un compagnonnage ininterrompu de 30 ans se serait poursuivie sans heurts ».

Mais, ajoute-t-il, « comment aurais-je pu alors accomplir la mission que je m’étais assignée en mars 2000 ? Je rêvais de me tenir, à l’échéance 2007, à côté de l’opposant illustre transformé en un homme d’Etat de grande classe. Un homme qui écoute plus qu’il ne parle ; qui, lorsqu’il consulte, se renseigne plus qu’il n’enseigne ; qui met un point d’honneur à livrer ce qu’il promet parce que s’étant préalablement assuré de la disponibilité des moyens de faire avant d’annoncer ; qui cerne les vrais besoins de son peuple plus qu’il ne poursuit ses propres centres d’intérêts ; qui récompense la droiture et s’écarte noblement de la tortuosité, oublieux des offenses subies, mais réservant les premiers rangs aux premiers compagnons ; qui apaise, pacifie, harmonise, réconcilie et rassemble les différentes composantes de la Nation au lieu d’être la source de leurs divisions, conflits, tensions et peurs ; qui reçoit, besogne faite, la reconnaissance de ses compatriotes plutôt que leur déception et leur blâme. Au regard de l’échec massivement constaté aujourd’hui, le devoir me prescrit d’intervenir pour éviter le naufrage. On ne transige pas avec la vérité même pour affirmer une solidarité politique ou familiale et même si l’on doit de se retrouver seul contre tous ».

Le 31 décembre 200, il déclarait sa candidature pour les élections de février 2007. Il écrivait : « en 2004, j’ai rompu avec Abdoulaye Wade. 

 Ma différence avec lui est à situer à trois niveaux :

 Sur le plan stratégique, nous n’avons pas les mêmes priorités. Face à ses grands chantiers « éléphants blancs », les miens portent sur la fin du drame des 136.000 bébés sénégalais de moins de cinq ans qui meurent chaque année de malnutrition, de malaria et de déficit de vaccinations, des 125.000 enfants scolarisables qui ne verront jamais de salles de classe, même en sureffectif, faute d’infrastructures scolaires suffisantes, et du cruel drame de nos jeunes compatriotes se suicidant dans l’Océan Atlantique à l’assaut d’un hypothétique paradis européen, faute d’emplois décents chez eux. Nos priorités incluent de relever substantiellement le taux anormalement bas de 4,9% de la population scolarisée qui sort du supérieur avec un diplôme. Nos foyers privés de gaz, d’électricité et d’eau ainsi que les stations d’essence prises d’assaut par des automobilistes anxieux de leur approvisionnement en carburant exigent plus d’attention que la nouvelle capitale ou le train à grand écartement Dakar-Mombassa. 

 Sur le plan politique, nous ne partageons ni la même vision du changement dont il a altéré l’esprit, ni la même perception de l’Etat qu’il a achevé de décrédibiliser ; 




-Sur le plan éthique, je n’approuve pas sa manière brutale et anti-démocratique de trancher les différends au moyen de l’agression, de l’embastillement et de l’exclusion. J’approuve encore moins sa gestion familiale des ressources nationales. Ceci me libère de tout engagement moral envers lui. Mon seul engagement indéfectible demeure celui que j’ai envers le Très Miséricordieux et envers mon pays ».


Ce petit rappel fait, nous revenons sur une contribution datant de janvier 2009 mais toujours d'actualité, dans laquelle Mody Niang nous rappelait les vrais visages de Abdoulaye Wade et de Idrissa Seck :

"Nos deux dëmm entrent encore en scène - Ce « père » et ce « fils » sont effectivement des dëmm, des anthropophages qui se croient chacun plus rusé que l’autre et qui vont se livrer encore un combat sans merci, un combat dont l’issue  devrait être l’enfer pour tous les deux, la seule place qu’ils méritent. Voilà que, comme par enchantement, et après tout ce qu’ils nous ont fait vivre de la période qui va du 21 avril 2004 à nos jours, ils sortent de leur boîte pour oser nous déclarer que tout est désormais derrière eux ! Ces deux compères n’en sont pas, loin s’en faut, à leur premier coup : ils nous ont habitués à leurs interminables ruptures-retrouvailles.

 

Cette fois-ci quand même, la coupe est vraiment pleine, même pour nombre de leurs militants respectifs, à qui il reste encore au moins une part de lucidité. A la sortie de l’audience surprenante et malheureusement fortement médiatisée de ce lundi 12 janvier 2009, le « fils » donne une conférence de presse pour nous jeter à la figure ceci : « Tout ce qui nous opposait est maintenant derrière nous, sans aucune ambigüité. » Le Coordonnateur de la Cap 21, désormais témoin de tous les forfaits, le confirmera en ces termes : « Léépp lu baayam jàppoon, bayyi na ko. » Autrement, le « père » a tout oublié et a pardonné à son « fils ». Ce n’est pas plus simple que cela : comme si entre les deux acolytes, il ne s’est jamais rien passé de vraiment grave. Le plus zélé défenseur de Me Wade a également tenu à nous assurer que les deux larrons n’ont parlé que de politique et a rappelé – il a osé – « l’attachement de Me Wade à la séparation des pouvoirs ».

Je rappelle souvent dans mes contributions que ces deux individus nous prennent pour des demeurés. Et ils n’ont peut-être pas tout à fait tort d’ailleurs, car nous sommes prêts à avaler toutes leurs couleuvres. Le scandale du contrat signé avec Zam-Zam est déjà tranquillement derrière nous, malgré les conséquences catastrophiques que sa mise en œuvre pouvait entraîner. Idrissa Seck peut donc se permettre de se présenter devant nous pour faire avaler que tout ce qui l’opposait à son « père » est désormais derrière nous. Ce serait moins grave s’il s’était contenté de déclarer que c’était plutôt derrière eux, qui ont trouvé certainement une clé de répartition du « butin ». Pour ce qui nous concerne, tout est encore devant.

Nous avons beau être frappés d’amnésie, nous nous souvenons quand même encore que, recevant au Cices une délégation de femmes transhumantes de Thiès venues faire acte d’allégeance, il avait copieusement chargé Idrissa Seck en usant de la métaphore qui est encore fraîche dans nos mémoires. Il l’enverra ensuite en prison pour au moins six mois. Nous nous rappelons aussi parfaitement que, de Paris, il confiait à L’Express du 10 novembre 2 005, sa position sur le cas Idrissa Seck en ces termes sans ambiguïté : « Je me suis trompé et il m’a trahi (….). Il est tout à fait exclu que nous continuions à coexister dans le parti. » Et il ajouta ce terrible commentaire : « Quand vous réchappez à la morsure d’un serpent venimeux, vous ne l’hébergez plus chez vous1. » Auparavant, il avait lâché la bride à certains de ses collaborateurs qui rivalisaient d’ardeur à déverser sur le pauvre Idrissa Seck des tombereaux d’injures et d’accusations aussi graves les unes que les autres. On retiendra en particulier les accusations publiques gravissimes de Me Ousmane Ngom, qui venait de retrouver la « maison du père » et avait besoin de se faire pardonner. C’était lors d’une interview accordée à L’Observateur du 26 avril 2004. Après l’avoir traité au passage de Raspoutine africain et accusé de félonie, de ruse, de boulimie de pouvoir, d’argent et de possession, de perfidie, de séduction (par le Coran) et de blasphème, Me Ngom évoque « le scandale de l’achat du nom de domaine de la Sonatel. Com sous le faux nom de Paul Stewart avec une fausse adresse aux Etats-Unis », ainsi que « le scandale des autorisations d’importer des véhicules avec un réseau national et un réseau international ». Me Ngom ne s’arrête pas en si bon chemin et va bien plus loin encore dans ses graves accusations. Ainsi, assénait-il : « Au Ministère du Commerce, Idrissa avait fixé des objectifs financiers (comprenez des valises ou grosses enveloppes qu’ils devaient lui remettre chaque semaine) et ceux qui faisaient de la résistance ont été limogés sans ménagement ». Me Ousmane Ngom se fait ensuite le plaisir de rappeler cette phrase qu’Abdourahim Agne aurait lancé un jour à la figure de M. Seck : « Tout le monde peut parler de corruption au Sénégal sauf toi, Idrissa. » Il poursuit son sévère réquisitoire en ironisant à l’envi : « Je ne parle pas des scandales plus récents, depuis l’avènement de l’alternance, qui sont cent fois plus énormes, avec des transferts massifs de fonds en Europe, en Australie, aux Etats-Unis et j’en passe. Sans parler des acquisitions immobilières à Paris, à Lille, aux USA, à Dakar et surtout à Thiès où la moitié de la ville a été achetée par Idrissa Seck et son clan. » « C’est quand même scandaleux, poursuivait Me Ngom, comme pour donner le coup de grâce, c’est quand même scandaleux pour quelqu’un qui, à la veille de l’alternance, a laissé des arriérés de loyers à l’Agence immobilière, qui lui louait son cabinet. » L’interview comporte de nombreuses autres accusations aussi graves les unes que les autres. Pour toutes réponses, Idrissa Seck s’était contenté de citer un verset de Coran2.

mody_niang.jpgQuelque temps après, c’est le même Me Wade, toujours le même vraiment, de qui tous les déboires d’Idrissa Seck sont arrivés, qui le reçoit en grande pompe, exactement le 22 janvier 2007, à quelques encablures de l’élection présidentielle de cette année-là. Le candidat sortant, qui craignait alors comme la peste de ne pas être réélu et de rendre compte de ses nombreux forfaits fit, contre toute attente, appel à son « fils d’emprunt », malgré les graves accusations que lui-même et ses proches ont portées sur lui. La fameuse audience était malheureusement parrainée par le chef religieux Serigne Abdoul Aziz Sy Junior. Nous avons vu et entendu, à l’occasion, Me Wade « blanchir » sans état d’âme son compère. « Ses contempteurs, avait-il alors lancé, n’ont pas pu apporter les preuves de leurs accusations ». N’était-il pas le premier contempteur ? Lui aussi n’avait-il pu trouver aucune preuve ? Bref, il annonça publiquement et officiellement le retour de son « fils d’emprunt » à ses côtés, non sans préciser que l’intéressé allait faire une déclaration dans ce sens. On connaît la suite : point de déclaration de la part de M. Seck qui déposa, le même jour, sa candidature à l’élection présidentielle.

A l’arrivée, Me Wade est gagnant dès le premier tour et le1er mars 2007, la Cour d’Appel le déclare provisoirement élu. C’est l’occasion qu’il choisit pour faire sa première apparition à la télévision nationale. Il manque alors manifestement de grandeur et de magnanimité : le premier acte de sa nouvelle gouvernance – il y était déjà – a été de pilonner ses pauvres adversaires défaits, les accusant de tous les péchés d’Israël, tout en sachant qu’ils n’avaient pas la possibilité de lui porter la contradiction par le même canal. Ce jour-là, il a porté des accusations particulièrement graves sur son ancien Premier ministre et fit, le concernant, cette terrifiante révélation, comme s’il avait bu du yassi : « Nous étions dans une sorte de jeu d’échec à distance. Il m’a demandé à sortir de prison. Je lui ai demandé de rapporter l’argent qu’il avait pris. Et il s’est engagé à rembourser l’argent qu’il avait pris. » Et pour se faire plus convaincant et nous étonner encore plus, notre président affairiste brandit, contre toute attente, le fameux « Protocole de Reubeuss ». Dans ce document en date du 29 décembre 2 005, il est mentionné : « Je soussigné, Monsieur Idrissa Seck, ex-Premier ministre du Sénégal,  m’engage, dès ma libération, à remettre à Maître Ousmane Sèye et à Maître Nafissatou Diop, pour le compte de Monsieur Abdoulaye Wade, président de la République du Sénégal, la somme de 7 milliards de Fcfa à titre de d’acompte sur les fonds politiques pour l’organisation des élections législatives et présidentielles de 2 007. Les élections générales de 2 012 seront financées sur le reliquat des fonds. » L’homme qui nous dirige continue, en verve son ndëpp : « Nous pensons qu’il y a entre quarante milliards et plus déposés dans un compte trust à New York chez un avocat. La Justice a fait des commissions rogatoires dans le cadre des accords judiciaires. (….). La France a donné un rapport (et, de ce pays), nous avons reçu pratiquement toutes les informations. Il reste le Luxembourg, la Suisse et surtout les Etats-Unis. » Me Wade ajoute que les tentatives de l’ancien Premier ministre de planquer des milliards au Luxembourg se sont soldées par un échec, les autorités de ce pays s’y étant opposées. Ce jour-là du 1er mars 2007, nous apprendrons encore de la bouche de Me Wade – beaucoup le savaient déjà d’ailleurs – que les fonds spéciaux qui sont une autorisation de l’Assemblée nationale, s’élèvent à 620 millions de francs Cfa et, qu’avec Idrissa Seck, qui « glanait des fonds à droite et à gauche », ils sont montés à 14 milliards. Ce qui était plus cocasse encore, c’est que Me Wade voulait nous faire croire qu’il n’avait été pour rien dans tous ces milliards et que c’est Idrissa Seck qui les « a glanés à droite et à gauche » et, tenez-vous bien, à son insu.  Quand même ! Sommes-nous aussi sots pour croire à cette histoire ? Pour ce qui est de la gestion des fameux fonds spéciaux d’ailleurs, M. Seck s’était déjà longuement expliqué devant la Commission de la Haute Cour de Justice, en révélant notamment que, dans ce cadre, il avait eu à gérer des dizaines de milliards de francs Cfa. A la question des magistrats de savoir d’où provenaient ces milliards, il répondit sans fard : « Des fonds diplomatiques et autres aides budgétaires que Me Wade ramenait de ses nombreux voyage. » Il ajoutera que, sur instruction du Chef de l’Etat, il en a fait profiter à des chefs religieux, à de hauts magistrats, à des officiers supérieurs et généraux de l’Armée nationale, à des ministres de souveraineté, etc. Il ne dira pas qu’il s’est largement servi lui aussi : il le dira plus tard.

C’est énorme, tout cela ! Quel est le montant réel du « butin » qui oppose ces deux individus ? 70, 80, 100 milliards ou plus ? Dans quel pays sommes-nous et qui est vraiment cet homme qui nous dirige ? Revenons à ses propos de ce 1er mars 2 007 ! Á une question sur le profil de l’homme ou de la femme qui devrait lui succéder, il répond : « (…) En tout état de cause, ce n’est pas Idy. J’ai rompu définitivement avec lui. Nous nous retrouverons devant Dieu. » Et il martèle, comme pour s’en convaincre lui-même : « Ce ne sera pas lui, il faut qu’il le comprenne. »

Notre Goor gi national prétendait donc, publiquement, avoir rompu définitivement avec Idrissa Seck et lui donnait rendez-vous devant Dieu. Nous nous souvenons encore qu’il affirmait, en se frappant la poitrine : « Je peux lui pardonner tous les torts qu’il m’a faits, mais l’argent du contribuable, jamais ! » Alors, le rendez-vous devant Dieu a-t-il déjà eu lieu ? L’argent du contribuable a-t-il été rendu ? Si oui, quel en est le montant ? D’où a-t-il été puisé ? A toutes ces questions, point de réponse et les deux compères veulent nous faire tourner aussi facilement la page ! Qui va désormais accorder le moindre crédit à leurs propos et à leurs engagements ?

Idrissa Seck, l’hypocrite, le fieffé menteur, qui traitait son père d’ancien spermatozoïde et de futur cadavre, n’est pas le moins du monde gêné de se pavaner (daagu) dans la « maison » du Pds. Il revient sans état d’âme sur cette fameuse déclaration qu’il semble tant affectionner tout en sachant, chaque fois qu’il la brandit, qu’il ment effrontément, devant Dieu et devant les hommes. « Jusqu’à l’extinction du soleil, dans huit milliards d’années, personne ne pourra m’imputer un seul franc qui ne soit pas licite », a-t-il la fâcheuse habitude de crier sous tous les toits. Pourtant, c’est lui-même qui va apporter son propre démenti : invité du « Grand Jury » de Mamadou Ibra Kane de la radio privée Rfm, il fera cet aveu de taille, sans que personne ne lui ait vraiment mis du sucre dans la bouche : « Je ne me suis pas enrichi à la faveur du pouvoir. Les seules ressources que mon passage au pouvoir a mises à ma disposition et qui renforcent mes moyens d’intervention politique et sociale, ce sont les fonds politiques que le Président de la République lui-même m’a discrètement alloués. » Mensonge que tout cela. Les fonds politiques autorisés ne suffisent même au président Wade pour se rincer les dents. Si c’est vrai qu’il lui a alloué des fonds, ceux-ci proviennent sûrement des milliards qu’il déclare avoir lui-même gérés et qui viendraient des fonds diplomatiques et autres aides budgétaires, dont la place naturelle est au Trésor public. Ce sont donc des fonds détournés et Idrissa Seck le sait parfaitement. Farba Senghor avait bien raison : Idrissa Seck est un sacré voleur, et  il le reconnaît lui-même, publiquement.

Voilà le bref rappel que je me suis résolu à faire, après bien des hésitations et des réticences. Il le fallait, je crois, pour administrer la preuve aux deux acolytes et à tous les automates qui les entourent et sont prêts à tout avaler, que tous les Sénégalais ne sont quand même pas les imbéciles et les demeurés qu’ils croient. C’est l’occasion de jeter un clin d’œil à tous ces prétendus médiateurs, notamment certains chefs religieux, qui s’impliquent un peu trop facilement et trop imprudemment dans le différend qui oppose les deux coquins – puisque c’est ainsi que les appelle désormais une bonne partie de la presse et de la classe politique –, et dont ils sont les seuls à maîtriser les tenants et les aboutissants. Leur retrouvaille – si toutefois celle-ci dure – devrait inciter en particulier toutes les composantes de l’opposition à resserrer leurs rangs. Aucune d’elle, prise isolément, ne peut faire seule face, quelle que soit sa représentativité supposée, à leur ruse, à leur intelligence diabolique et à leur fortune immense, qui trouvent un terreau fertile dans l’analphabétisme et la pauvreté des populations des banlieues déshéritées des villes et du monde rural ainsi que, malheureusement, dans la cupidité morbide de certains chefs religieux et grands notables.


MODY NIANG, e-mail : modyniang@arc.sn



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