Touche pas à ma constitution
BOURGI : C'EST YOUSSOU NDOUR QUI M'A DEMANDÉ DE PARLER WADE A AUSSI DEMANDÉ LINTERVENTION MILITAIRE
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- Créé le vendredi 8 juillet 2011 22:01
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Il est connu comme une icône de la Françafrique, cette relation trouble entre la France et ses anciennes colonies. Conseiller officieux mais influent des chefs d’Etat français, mais aussi d’Afrique, il a jeté un pavé dans la mare d’Abdoulaye Wade , et surtout de son fils Karim avec lequel il entretenait des relations très poussées, en démentant..son démenti sur son appel à l’intervention des forces françaises. Il nous a reçu, dans son bureau parisien, pour dire ce qui a été sa motivation. Non sans nous faire des confidences détonantes.
(Paris-Envoyé Spécial)- «Je ne soutiendrais personne contre mon peuple. J’ai apporté un démenti à Karim Wade par devoir de vérité et par engagement pour le Sénégal où son père est arrivé en 1918, et ma mère en 1933. Tous les deux y sont enterrés, ainsi que mes frères et soeurs décédés. Moi-même je reposerai à Yoff, s’il reste de la place quand je mourrais ». Vint-quatre heures après sa fracassante sortie par laquelle il a apporté un démenti au démenti de Karim Wade qui niait l’avoir sollicité pour une intervention de l’armée française contre les manifestants qui réclamaient l’électricité, le sémillant avocat nous a reçu à son cabinet dans le 16 éme arrondissement français, dans la même rue où logeait Abdou Diouf après son départ du pouvoir et du Sénégal. Robert Bourgi ne renie pas ses relations et son soutien aux Wade. Seulement, nous dit-il, « j’ai été frappé par la dérive prise par le pouvoir, sous l’impulsion de Karim Wade ».
L’homme,
pour occupé qu’il est, n’en est pas moins accessible: des contacts dans
quelques prestigieux journaux pour avoir son contact, un coup de fil
passé entre la multitude qu’il reçoit
de partout, et le tour est joué. Mais lorsqu’il décide d’opposer le
silence, rien n’y fait. Ainsi, nous raconte-t-il, « depuis hier Karim
Wade a tenté de m’appeler plus d’une dizaine de fois, passant aussi par
des membres de ma famille. Il a même appelé Claude Guéant (ministre
français de l’Intérieur), qui lui a répondu: Robert sait ce qu’il fait
».
Revenant sur le fameux appel paniqué de Karim Wade dans la
soirée du 27 juin, il nous confie que le fils du président a invoqué les
manifestations pour dire: «Ils ont incendié la maison de 3 ministres,
ils sont devenus fous. Avec les Français qui vivent ici, tout peut
arriver… » Ce à quoi l’icône de la Françafrique, un moment le
collaborateur le plus proche de Jacques Foccart, indique avoir répondu: «
Je ne suis pas habilité à le faire. Et même si je l’avais été je ne
l’aurais pas fait. Ton père et toi avez les numéros de Guéant et
Sarkozy,
vous n’avez qu’à les appeler ».
Après Karim, l’appel de Wade…
Mais
le pire, dans ce que nous confie me Bourgi, c’est que quelques minutes
après le fils, c’est le père, le président Wade lui-même qui l’a appelé.
Pour formuler la même demande d’intervention des forces françaises. «
Tonton, tu sais combien j’ai de l’affection pour toi, et combien je suis
engagé à tes côtés. Mais là, c’est non, et définitivement. Je pense que
si les la situation était aussi cahoteuse que Karim l’a décrite,
l’ambassadeur Normand aurait avisé l’Elysée. Mais ce ne serait jamais
pour demander l’intervention de l’armée française alors que leurs
citoyens qui vivent là-bas ne sont pas menacés»…
Les preuves de
ces appels existent. L’avocat franco-sénégalais confie qu’il a été très
tourmenté par cette demande, et surtout par les dénégations qui se sont
ensuivies. «
Lorsque l’Express a sorti son article, Karim Wade m’a appelé, pour me
dire qu’il allait démentir. Je lui ai conseillé de ne pas le faire.
Après son démenti et celui de l’ambassade du Sénégal à Paris, il m’a
demandé d’en faire autant. Là, je me suis dit qu’il disjonctait. Vous me
voyez démentir une vérité? D’abord, je tiens à vous dire que la fuite
de notre entretien est venu de Dakar. Et il y a des traces. Vous
imaginez à quoi je vais ressembler si je démens, et que demain on
m’oppose les preuves? Arrêtez tout cela Karim, vous en faites trop »
raconte avoir dit, Bourgi. Le coup de fil qui l’aura le plus énervé est
celui de Cheikh Diallo, conseiller de Karim Wade. « Depuis quand suis-je
votre interlocuteur? N’essayez plus de m’appeler » dit-il lui avoir
répondu.
Dans son vaste bureau parisien, aux murs fleuris de
photos, dont un poster de Sarkozy, une photo de la défunte
épouse de Karim, une photo des enfants du même Karim avec un mot de
remerciement à Bourgi, ce denier nous confie: « Ce fauteuil sur lequel
vous êtes assis, c’est là que Tanor Dieng s’est assis, c’est là
qu’Idrissa Seck s’est assis. A Dakar, je suis allé rendre visite à Macky
Sall, en conduisant une voiture de la présidence de la République. Je
ne cache pas mes amitiés » avise-t-il, pour illustrer son propos sur ces
rapports avec les personnalités politiques sénégalaises. Et pas
seulement. Entre deux anecdotes, une confidence savoureuse et des
instruction à son secrétariat, il passe un coup à un nommé Bizimuth, «
personnalité haut placée à la présidence de la République du Gabon…
Pourquoi
Karim Wade a-t-il paniqué, pour demander l’intervention de l’armée
française, dans une situation de maintien de l’ordre par des forces de
la police nationale? Avec un soupir de déception, Robert Bourgi avance:
«Si vous saviez ce que Karim pense de nos compatriotes…»
L’histoire
de son intervention à Rfm s’explique par une demande de Youssou Ndour.
«Il m’a appelé pour me faire la demande, en me rappelant que je l’avais
beaucoup aidé à avoir sa télévision alors que Karim Wade s’opposait à
cela. Quelques minutes après que j’ai donné mon accord, sa radio m’a
appelé».
Aujourd’hui,
Robert Bourgi est convaincu que Karim Wade ne connait pas bien les
Sénégalais, et qu’il sous-estime «le génie de notre peuple». Car,
avance-t-il, «J’ai tout fait pour le convaincre qu’il allait droit dans
le mur. Qu’il était en train de polluer la présidence de son père qui ne
mérite pas cela parce qu’il a beaucoup fait pour le Sénégal.
Malheureusement, Karim a tout gâché. Tout le monde le connait: il est
convaincu d’être le seul à détenir la vérité», se
désole celui qui dit ne point renier l’amitié des Wade, même s‘il ne se
retrouve plus dans leur façon de diriger le Sénégal.
xalima.com




