Le programme que je vous propose est inspiré par trois sources :
- les conclusions des Assises nationales telles que reflétées par la Charte de gouvernance démocratique et par le Rapport général;
- les accords souscrits dans Bennoo Siggil Senegaal, ceux qui concernent notamment la mise en place des institutions et des organes prévus dans la nouvelle Constitution dans un délai qui ne dépassera pas trois ans, la mise en œuvre de mesures d’urgence et prioritaires économiques et sociales, la mise en œuvre des conditions pour un retour définitif de la paix en Casamance etc.… ;
- les principes et valeurs du socialisme démocratique, en synergie avec ceux de l’écologie et du patriotisme économique, pour en faire le cœur vivant d’une orientation inspirée par l’expérience et les attentes des populations


La candidature de Me Wade a été tout naturellement validée par le Conseil constitutionnel. Sans surprise, le président sortant s’accroche de toutes ses forces à sa candidature et a commencé, tambour battant, à battre campagne. J’ai toujours appelé l’opposition à ne pas dissoudre toutes ses forces dans le combat contre cette très controversée candidature, mais à se préparer aussi, parallèlement, à l’important scrutin du 26 février 2012. Un journaliste, des plus brillants du pays, m’a d’ailleurs formellement objecté qu’il n’était pas possible de mener de front ces deux combats. C’est son droit le plus absolu, même si sa certitude ne m’a pas du tout convaincu.
Jamais une démocratie n’a si mal porté son nom. Jamais une République n’a été moins publique. Désormais, l’espoir est dans l’audace. L’audace du sursaut et de la rupture. Qu’on ne s’y trompe pas. Accabler de tous les maux un octogénaire qui ne jouit plus de toutes ses facultés physiques et intellectuelles est une insulte à notre conscience politique. Les sénégalais, sans distinction aucune, ont conscience que l’état de la nation est imputable à un système cancéreux et sclérosé à la tête duquel trône un otage. Les excroissances « dissidentes » du PDS – REWMI et APR- ont précipité l’ensemble de la classe politique, avec ce cynisme qui leur est propre, dans un débat stérile sur une prétendue dévolution consanguine en gestation. Une entreprise de diversion comme pour se dédouaner du bilan comptable de l’alternance.
L’hypocrite bienséance exige que l’on vous traite avec déférence compte tenu de la grandeur et de la noblesse de la fonction que vous exercez. Permettez-moi, le temps d’une lettre, de surseoir à ce principe. Ainsi, je vous prie d’avance d’excuser mon impertinence si tant est que mes propos puissent passer pour telle. A l’heure où j’écris ces mots, le temps nous est compté, épargnez moi donc ces protocolaires formules d’usages, ces lâches euphémismes, ces verbiages intellectuellement insultants, ces langues de bois politiquement correctes, bref tous ces discours creux et consensuels qui ôtent à ma requête toute sa substance. Toutefois, je sais que vous ne me lirez pas, non seulement parce que votre agenda électoral ne vous le permet sans doute pas mais aussi et surtout parce que vous ne lisez ni n’écoutez tous ceux qui ne font votre éloge.
Le patron du Sénégal, 85 ans, prépare son avenir présidentiel et, surtout, celui de son fils, Karim. Mais la rue dakaroise en décidera peut-être autrement
COALITION « BENNOO AK TANOR » PRESENTATION DU DIRECTOIRE DE CAMPAGNE (07 février 2012)
Au delà de la désapprobation générale populaire, nationale et internationale de la décision du conseil constitutionnel sénégalais, l'arrêt rendu par les 5 "sages" nommés par Wade et qui a validé la candidature du Président sortant et ayant épuisé ses deux mandats est motivé par des considérations qui n'ont rien de juridique. Parmi les éléments d'analyse juridique d'une décision grave de conséquences qui a enfoncé le Sénégal dans le classement des Républiques bananières, nous pouvons retenir fondamentalement :
Le 26 février, Abdoulaye Wade, 86 ans, sera bien candidat pour un troisième mandat à la présidence du Sénégal. Candidat, malgré l'avis contraire de grands juristes ; malgré les bourrasques sociales frondeuses qui depuis plusieurs mois balaient par rafales ce pays d'Afrique de l'Ouest ; malgré les mises en garde américaines et européennes ; malgré son âge. Candidat, donc, mais à quel prix ?
Les manoeuvres en direction de la présidentielle de 2012 se poursuivent de plus belle. Hier, Landing Savané a officialisé sa décision de soutenir la candidature de Tanor Dieng à ladite échéance. Et le fondement de cette entente vise à «créer une alternative de gauche au pouvoir libéral, sur la base des principes et valeurs du socialisme moderne». Articulé autour de 7 points, le protocole d'accord entre Ousmane Tanor Dieng et Landing Savané prévoit également une liste commune entre les deux parties aux Législatives de juin. Se félicitant de cette alliance, Landing Savané a déclaré : «Nous regardons dans la même direction. Nous sommes tous des partis socialistes, et dans le contexte où nous sommes, une clarification s'impose dans les alliances». Pour sa part, Ousmane Tanor Dieng a tenu à préciser que «ce n'est pas un soutien, mais plutôt un partenariat qui a tété construit minutieusement et progressivement, partant de ce qui (les) unit, c'est-à-dire, (leurs) références idéologiques, le socialisme démocratique».

