Socialisme République Sénégal

Le Temps de la République

ENSEIGNEMENTS DES ELECTIONS LOCALES: les Wade ou les derniers jours d’un condamné politique *

Plus dure sera la chute
Plus dure sera la chute
« Je préfère un roi qui respecte la Constitution à un président qui la viole ». Victor Hugo, en plus de la littérature, se piquait de politique, et fut un grand combattant de la République contre l’Empire. Abdoulaye Wade, féru du Prince de Machiavel, gagnerait à revisiter Le dernier jour d’un condamné…politique qu’il est. A moins de cela, il risque d’ajouter à la débâcle politique qu’il vient de subir une très peu honorable sortie de scène publique.

Certainement déçu d’être arrivé au pouvoir à un âge tardif, l’homme que le Sénégal a élu en 2000 n’a eu de cesse de travailler à se faire remplacer par son fils. Il doit son sort actuel peu enviable, sinon pitoyable, à ce projet-là. Toutes les erreurs, tous les comportements coupables et tous les actes condamnables de son régime ont découlé de la tentative de faire prospérer ce scénario de succession. Un sort à ce point pitoyable qu’il faut réécouter l’émission d’Alain Fokka , media d’Afrique d’hier 26 mars, pour se rendre compte de l’idée que l’Afrique se fait de notre pays.

Au moment de s’engager dans ces élections locales, Abdoulaye Wade avait , en effet, fini d’apparaître comme un récidiviste de la violation de la constitution, un tenant du népotisme. Depuis quelque cinq ans, aucun acte publique majeur n’a été posé qui ne soit inspiré par la volonté d’imposer la succession de Abdoulaye Wade par son fils Karim. Comme s’il devait suffire de lui accoler le patronyme Meissa, de le mettre en position de s’enrichir sa ns risque, de le familiariser avec les palais royaux et de lui coller quelques « nègres » pour l’imposer aux Sénégalais. Ce mépris du peuple procédait de la faute politique.

Qui enseignait donc qu’en politique les fautes se payent cash ?

Dans la mémoire fraîche des Sénégalais, retentit encore la fameuse phrase de Wade à l’endroit de Macky Sall : « Tu as commis une faute : celle d’avoir convoqué mon fils ! ». Toute la symbolique du régime d’Abdoulaye Wade est contenue dans cette expression de son rapport patrimonial à l’Etat, le mépris des institutions, la mésestime du peuple et le dédain de la loi.

Après avoir révoqué son Premier ministre Macky Sall, il est resté plusieurs jours à chercher l’oiseau rare devant accepter la fonction sans le pouvoir désormais entre les mains de son fils conseiller spécial avec une puissance de vice-président de la République.

Conseiller très, très spécial, le fils du chef de l’Etat a tous les pouvoirs, sans les fonctions synonymes de responsabilité devant la loi. Qui a suggéré à l’Etat de nantir les actions de la Sonatel ? Qui s’occupe indirectement de la privatisation de l’hôtel Méridien ? Qui sillonne donc le monde à bord d’un avion de Dubai Port authority, après avoir évincé Bolloré, qui, au demeurant fait toujours ce travail dévolu à la DPA. Famille et business ! ce serait-là un bon titre de film, sauf que le scénario relève du cauchemar pour les Sénégalais.

pieuvre_clan_wade.jpgQui s’occupe de la Senelec, des Ics, de construction de routes, d’aéroports, de plate-forme portuaire, de diplomatie, qui parcourt le monde en jet privé, nomme des directeurs généraux, a la haute main sur les finances du pays…Qui a sabordé Air Sénégal International avec la cherté des tarifs de Dakar Handling Services ? Plus qu’un Premier ministre, Karim a « son » gouvernement ( on dit larbins) à lui, composé non pas de ministres, mais de Directeurs généraux d’agences faisant doublon avec les ministres nominatifs. Cela, en plus de « ses » ministres à lui dans le vrai gouvernement.

Après avoir écrémé son pouvoir et son parti, Wade ne pouvait espérer faire du beurre, encore moins du fromage, avec le petit lait qui lui reste. Dans une sorte de concurrence de mauvais aloi, le maire de Dakar, Diop de son nom, sans qu’on puisse dire quel est son vrai prénom, parce qu’il est coupable de double identité consécutive à son usurpation de titre, s’accaparait de tout l’espace foncier dans la capitale. Défi à quiconque de trouver un terrain libre à Dakar. Qui avait introduit des machines à sous, les fortune’s club dans les quartiers pauvres de Dakar dont il est chargé de l’administration ?

Dans de telles conditions, avec Samuel Sarr à la Senelec puis au ministère de l’Energie, Farba Senghor comme ministre d’Air Sénégal et des Insfrastructures, tout était réuni pour exprimer incurie et corruption, inspirant le rejet des populations. N’a-t-on pas lu dans des journaux que le ministre des Finances a été menacé de mort par un individu dont la description ne laissait aucun doute quant à son identité de bodyguard à la présidence devenu riche comme crésus ?

Dans son tunnel, en route vers le sommet de l’humiliation, Karim Wade s’est mis dans les meilleures conditions de rester scotché aux bas-fonds. La pire aura été de s’accoquiner avec Alassane Ba, qui préfère Hassane pour faire snob. Enfant, celui-ci dédaignait ceux de son village de Boïnadji et ne s’accompagnait que des fils de sous-préfet. C’est dire que le complexe qu’il traîne date de longtemps. C’est dans ce patelin qu’il a accompagné Karim Wade avec une flotte de quatre avions pour s’y faire écraser comme des poux sous les roues d’une 8X8 conduite par un calot bleu devenu officier de police.

Quatre avions ! Sûr que s’il s’était agi d’une campagne présidentielle, il aurait mobilisé toute la flotte émiratie pour les faire atterrir dans les champs des villageois. Qu’est-ce que c’est facile de prétendre s’être fait prêter des avions, et d’être riche par ses anciennes fonctions de junior à la Warburg bank ! Comme si la pirouette suffisait à absoudre le méfait. En contrepartie de quoi donc, ce prêt ?

Que Hassane Ba songe aujourd’hui à se rapprocher de ses parents, après s’être déculotté à la télévision, pour tirer des lauriers à Idrissa Seck, voilà qui renseigne à suffisance sur l’individu. Aller battre campagne par avion, dans son village pour apeurer le maigre cheptel, village où il ne participe à aucune action de bienfaisance, calomnier ses parents émigrés en les présentant comme des blanchisseurs d’argent, tenter de couler les cadres de la localité…Un tel comportement à l’échelle de son patelin comme dans tout le pays ne pouvait que conduire à la déculottée de son mentor.

Celui-là, Karim Wade de son nom, a prouvé son incompétence et son manque de discernement rien qu’en se laissant berner si facilement. De quelle connaissance pourrait donc se prévaloir Hassane BA pour fournir des analyses pertinentes à Wade et son fils ?

Après de brillantes études sanctionnées …par un Bepc, le moniteur d’enseignement primaire a intégré la Croix rouge, en rétribution de sa traduction en pulaar des discours d’une tournée du Président Diouf. Ce qui le conduira plus tard au siège du CICR, dans un rôle sans relief, à Genève où il n’a pas laissé la meilleure réputation.

Champion de l’intrigue, du mensonge et de la calomnie, sa stratégie a toujours consisté à faire le vide autour de celui qu’il sert. Il prétend s’être « trompé » sur quelques cas : l’honnêteté commande qu’il avoue avoir trompé son monde tout le temps et en tout. Il prétend avoir battu campagne seulement à Thiès et Fatick : pour les résultats produits, heureusement pour Baldé qu’il n’a pas battu campagne à Ziguinchor. Et malheureusement pour les subsides de son mentor.

Abdoul Kane DIALLO
Senior Executive
BNPS Consulting
Bp 23534
Dakar Etoile
Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.
Source SudQuotidien

* Le titre de l'article a été modifié par Le Club - L'original était : "ENSEIGNEMENTS D’UN SCRUTIN: Les derniers jours d’un condamné politique"

Ajouter un Commentaire


Lire ou Relire !

La Mission d’audit du fichier électoral (MAFE) vient de restituer son rapport daté du 14 janvier 2011 au Comité technique.
Les membres de Y'en a Marre ne sont pas des êtres parfaits mais ils ont eux au moins le mérite...
Notre premier billet de la catégorie est consacré à ce qu'il est convenu d'appeler "l'affaire Bara Tall" Certains l'ont dit...

TWITTER

Newsletter

Inscrivez vous à nos actualités !
Vous recevrez un mail de confirmation

Réseaux sociaux