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Le Temps de la République

OTD : Chemins d’un socialiste à la reconquête du pouvoir

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OTD président
Ousmane Tanor Dieng, candidat à la présidentielle de 2007. Les interrogations n’ont pas manqué à l’annonce de cette décision « souveraine » du comité central du Parti socialiste (Ps). Contestée de l’intérieur par le « courant Robert Sagna », puis de l’extérieur par la même « faction » qui s’est finalement détachée , le choix s’est finalement imposé.

Ousmane Tanor Dieng, l’enfant de Nguéniène, dans le département de Mbour, une petite localité qu’il a largement contribué à remodeler en la dotant de nombreuses infrastructures, porte les couleurs du Ps. A 60 ans, l’ancien élève des lycées André Peytavin de Saint-Louis et Maurice Delafosse de Dakar, l’ex étudiant en droit à l’Université de Dakar brigue, après Senghor et Abdou Diouf, le suffrage des Sénégalais pour présider aux destinées du pays. L’homme d’Etat saura-t-il faire suffisamment de la place à l’homme politique, de sorte à pouvoir galvaniser les foules et à les faire adhérer à la vision social-démocrate du Ps sans Diouf ? Ce socialiste à la reconquête du pouvoir va t-il, au terme du scrutin du 25 février, retrouver les ors du Palais de la République, cette fois dans les habits de maître des lieux ? Il s’y prépare depuis le sombre soir du 19 mars 2000. Le « jogger » qu’un emploi du temps surchargé n’a jamais découragé de faire son bon kilomètre chaque jour que Dieu fait « est haut fonctionnaire », souligne Abdourahim Agne, son ancien camarade et partenaire de la (re) fondation, le sémillant ancien Porte-parole du Parti socialiste, aujourd’hui, ministre du Libéral-président de la République,. Comme pour tempérer la remarque, il ajoute, « capable d’humour et de s’ouvrir ».

L’homme est en effet d’une discrétion « qui confine à la timidité », souligne l’un de ses proches collaborateurs très proche du temps où il était aux affaires au sommet de l’Etat, Cheikh Tidiane Dièye, ancien conseiller en communication du président Abdou Diouf. Et Cheikh Tidiane Dièye de relever, « cela le sert et le dessert en même temps, parce que, si la conduite des affaires de l’Etat exige efficacité et discrétion, cela déteint sur sa façon d’être et de communiquer avec l’autre, au point de renvoyer l’image erronée d’une froideur et d’une arrogante indifférence. Il n’en est rien. Et cette discrétion qu’il semble cultiver mais qui, en réalité, est propre à sa nature, sert indiscutablement l’homme d’Etat qu’il est. Maintenant, je ne sais si à la bourse des valeurs politiciennes, qu’elle soit cotée ou pas ? » Une interrogation qui trouvera certainement réponse au soir du 25 février prochain quand les lampions se seront éteints sur une campagne menée tambour battant. En attendant, le leader du Ps, n’a pas la tâche aisée. C’est le moins qu’on puit dire. Si l’homme a fait en effet, preuve d’une froide résistance et d’une sereine détermination à rester à bord d’un navire qui a pris eau de tous côtés aux lendemains de l’historique défaite du 19 mars 2000, il est contraint de férailler chaque jour au sein de sa propre formation et contre ses adversaires politiques de la majorité qui le compte parmi les concurrents les plus ciblés.

Ousmane Tanor Dieng est entré en politique, non pas comme on entre en religion, mais par le pur de ces hasards dont la nature est pourtant si avare. Le « pointilleux » président poète cherchait, un diplomate « au fait des questions internationales, mais qui sache également écrire un bon français ». On lui présenta le tout frais émoulu conseiller des affaires étrangères, sorti de l’Ecole nationale d’administration et de magistrature (Enam), Ousmane Tanor Dieng. Il en fit le conseiller diplomatique n°2 aux côtés de Youssouf Barro ». Ainsi, Senghor parti, son « dauphin » constitutionnel Abdou Diouf le maintient dans ses fonctions. C’est donc tout naturellement qu’il prit le relais de Youssouf Barro. Abdou Diouf qui prenait plaisir à écouter ses observations chaque fois qu’il accompagnait dans son bureau son directeur de cabinet de l’époque Moustapha Kâ venu faire signer le courrier par le chef de l’Etat, en fit son plus proche collaborateur par la suite. A la place d’un Omar Ngalla Ndoye, portant directeur de cabinet adjoint en ces temps-là. Celui que décrit, l’excellent portraitiste de l’hebdomadaire « Nouvel Horizon », Jupiter Tamsir Ndiaye comme un homme mystérieux avait ainsi mis le doigt dans l’engrenage de la politique. Il en éprouvera les doux frissons d’un pouvoir de faire et de défaire, comme l’amer breuvage de la contestation.


En effet, la carrière politique de l’animateur de la « (re)fondation » au sein d’un Ps est loin jusqu’ici d’épouser la surface lisse d’un lac tranquille. Plutôt les crêtes d’une mer en furie, tant le Premier secrétaire du Ps, poste créé à la faveur du congrès « sans débat » de 1996 semble devoir constamment faire face à des adversaires qui, au Ps, glosent sur sa légitimité. A l’extérieur,on raillait son peu de charisme. OTD essuie alors la contestation et peine à faire l’unanimité autour de sa personne au sein du Ps. Quand en effet, Abdou Diouf l’intronisait en 1996 avec ses camarades tenants de la (re)fondation, c’était pour voir une saignée rarement observée dans son parti avec les départs successifs et rythmés dont ceux de Djibo Leyti Ka, et de moustache Niasse. Un prélèvement qui participa assurément à affaiblir le Ps et ne manqua pas de peser dans sa perte du pouvoir en 2000 après 40 ans de règne.


Ousmane Tanor Dieng qui effectue depuis des travaux d’Hercule au sein de l’appareil d’Etat quand il était aux affaires et au Ps, n’a pas le physique de cette figure de la mythologie grecque. Plutôt svelte, mais élégant ,Otd comme on l’appelle dans certains cercles ne lésine pas sur la pratique sportive de maintien. Féru de foot et de lutte, il fréquente les stades et les arênes. Déterminé, méthodique, bien introduit dans cercles religieux du pays, le géomètre devenu énarque, breveté de l’Ecole nationale d’administration et de magistrature (Enam) en 1976, promotionnaire, entre autres hauts fonctionnaires, de Abdoulaye Makhtar Diop, leader des Socialistes unis pour la renaissance du Sénégal(Surs) et de Abbas Bâ, un des responsables du parti de Serigne Modou Kara est un homme « affectueux, côté jardin », confie Cheikh Tidiane Dièye. Derrière la carapace, l’homme « bon vivant en privé » aime aussi les bonnes blagues. Cheikh Tidiane Dièye assure aussi que Ousmane Tanor Dieng est un « homme fidèle en amitié ». Le postulant à la magistrature suprême de son pays sous la bannière du Ps est-il un « tombeur » ? Si on le dit « réservé », voire timide, il semble avoir du succès auprès des dames. « Qui n’est pas sensible à la beauté de nos femmes », dira Cheikh Tidiane Dièye, T Ousmane Tanor Dieng quant à lui, est l’époux heureux de deux d’entre elles, et père de famille. Par ailleurs, alors qu’il était aux affaires, on lui prêtait un pouvoir d’influence à faire et défaire des carrières. En tout état de cause, il aura appris de Senghor, Diouf et Collin.

Madior Fall (Sud Quotidien)

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